Malgré la polémique, les masques Hopis se sont très bien vendus à Drouot

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 09/12/2013 à 17H20
Trois masques Hopis mis en vente à l'Hôtel Drouot

Trois masques Hopis mis en vente à l'Hôtel Drouot

© JOEL SAGET / AFP

Les masques des Indiens Hopis et Apache San Carlos se sont très bien vendus lundi à l'Hôtel des ventes Drouot à Paris, en dépit des demandes des Etats-Unis et d'une association de défense des Aborigènes de différer cette vente.

Les 24 masques "Katsinam" considérés comme sacrés par les Hopis ont trouvé preneur à des prix supérieurs aux estimations. Le montant de leur vente a totalisé 520.375 euros (frais compris), a indiqué à l'AFP la société d'enchères EVE, organisatrice de la vente. Un masque heaume de la "mère corbeau", datant du XIXe siècle, a été adjugé au téléphone 125.000 euros avec frais. Il était estimé entre 60.000 et 80.000 euros.

Les collectionneurs étaient au rendez-vous en salle et au téléphone pour cette vente controversée. Elle s'est déroulée dans le calme dans une salle remplie, a constaté l'AFP.

Un représentant de l'Ambassade des Etats-Unis à Paris a assisté à la vente pour "montrer sa solidarité avec les deux tribus". "Nous restons préoccupés par cette vente, qui s'est faite sans que les tribus Hopi et Apache aient eu le temps d'examiner les objets et leur provenance pour voir s'ils pouvaient les revendiquer", a déclaré à l'AFP Philip Breeden, ministre conseiller aux Affaires culturelles près l'Ambassade des Etats-Unis. Samedi, l'ambassade des Etats-Unis à Paris avait demandé la suspension de la vente.

La semaine dernière, l'association de défense des peuples aborigènes Survival International avait tenté d'empêcher la vente en assignant en référé la maison d'enchères EVE devant le Tribunal de grande instance de Paris. Mais vendredi, elle a été déboutée. "Si la vente de ces objets cultuels peut constituer un outrage à la dignité de la tribu Hopi, cette considération morale et philosophique ne donne pas à elle seule droit au juge des référés de suspendre la vente de ces masques qui n'est pas interdite en France", avait estimé le juge.

C'était le deuxième échec qu'essuyait l'association en France. Début avril, elle avait déjà tenté, sans succès, de faire suspendre une autre vente qui portait sur 70 masques, organisée également à Paris. Lundi matin la maison EVE avait annoncé le maintien de la vente.