Les USA lancent une procédure pour retrouver des antiquités volées par l'EI

Par @Culturebox
Publié le 16/12/2016 à 11H22
Palmyre : le tetrapylon et la grande colonnade (16 mai 2016)

Palmyre : le tetrapylon et la grande colonnade (16 mai 2016)

© Manuel Cohen / AFP

Les États-Unis ont lancé jeudi une procédure en justice visant à enrayer le trafic d'antiquités volées en Irak et en Syrie par le groupe jihadiste État islamique (EI) afin de se financer, une première ayant pour objectif d'empêcher que des trésors disparaissent chez des collectionneurs.

Le procureur fédéral du District de Columbia, où se trouve la capitale Washington, a déposé une requête en confiscation concernant notamment une bague et des pièces d'or, estimées à plusieurs centaines de milliers de dollars. La procédure s'appuie juridiquement sur les sanctions américaines qualifiant l'EI de "groupe terroriste étranger".

Selon le procureur adjoint Arvind Lal, il s'agit de mettre en garde les acteurs du commerce international d'antiquités sur le fait que les éventuels acquéreurs de ces objets n'ont aucun droit légal de propriété.

Des œuvres repérées sur les photos d'un téléphone portable

Les antiquités, parmi lesquelles figure également une stèle de style néo-assyrien, ont été repérées sur des photos retrouvées sur un téléphone portable et d'autres équipements électroniques appartenant à Abou Sayyaf, considéré comme l'un des principaux responsables financiers de l'EI et tué en mai 2015 lors d'une opération américaine en Syrie.

Il était notamment chargé de lever des fonds pour le groupe jihadiste avec le commerce d'antiquités, vendant ou prélevant une taxe sur la vente d'artefacts pillés dans des régions regorgeant de trésors culturels anciens. D'après le département d'État américain, l'EI aurait récolté des millions de dollars de cette façon.

Une importante documentation sur ce commerce d'antiquités a été récupérée par les autorités américaines lors du raid mené pour tuer Sayyaf. Le procureur adjoint Arvind Lal a précisé jeudi que les quatre objets cités dans la procédure, sans précédent, étaient les premiers à avoir pu être clairement identifiés. Mais "il y avait beaucoup, beaucoup d'images (d'objets anciens, NDLR) dans ces appareils électroniques", a-t-il dit à l'AFP.

Il n'a pas souhaité indiquer si les États-Unis savaient où se trouvaient les antiquités citées, mais a assuré que si elles étaient récupérées par les autorités américaines, elles seraient restituées à leurs propriétaires légitimes. "Les antiquités saisies dans le raid contre Abou Sayyaf ont été rendues à l'Irak", a-t-il précisé.