Les deux archéologues allemands enlevés au Nigeria ont été libérés

Par @Culturebox
Mis à jour le 26/02/2017 à 19H35, publié le 26/02/2017 à 19H34
Au Nigéria, près du village de Janjala, le lieu d'enlèvement des deux archéologues allemands.

Au Nigéria, près du village de Janjala, le lieu d'enlèvement des deux archéologues allemands.

© Lekan Oyekanmi/AP/SIPA

Deux archéologues allemands enlevés en milieu de semaine dans le nord-ouest du Nigeria, alors qu'ils travaillaient sur un site, ont été libérés sains et saufs, ont annoncé ce dimanche 26 février les autorités des deux pays.

"Les deux archéologues de l'Université Goethe de Francfort sont libres. Ils sont à l'ambassade d'Allemagne à Abuja", a déclaré à l'AFP une source au ministère allemand des Affaires étrangères. "Ils vont bien compte tenu des circonstances", a-t-on ajouté.

Les deux archéologues travaillaient sur un site archéologique de la culture Nok dans le sud de l'Etat de Kaduna 

La police nigériane a confirmé la libération des deux hommes dont  l'identité n'a pas été révélée. "Les kidnappeurs les ont relâchés après que nous ayons fait monter la pression sur eux", a déclaré Usman Aliyu, le porte-parole de la police de l'Etat de Kaduna où les archéologues avaient été enlevés le 22 février. Il a ajouté qu'"il ne s'était pas agi d'une opération de secours" et qu'à sa connaissance aucune rançon n'avait été payée. "Je ne suis pas informé qu'une quelconque rançon ait été versée et aucune  arrestation n'a été effectuée parmi les personnes impliquées dans l'enlèvement.  Mais nous sommes sur leur piste", a-t-il dit à l'AFP.

Les archéologues avaient été kidnappés dans le village de Jenjela, dans le sud de l'Etat de Kaduna. Deux villageois qui avaient tenté de les secourir avaient été abattus par les ravisseurs, selon la police et des témoins. Ibrahim Idris, le chef de la police fédérale nigériane, avait précisé que les deux hommes travaillaient sur un site d'archéologie de la culture Nok, en  partenariat avec le centre national du patrimoine nigérian, et que des  hélicoptères et des spécialistes en contre-terrorisme avaient été déployés au  lendemain de l'attaque.

Vague de kidnappings

Selon Usman Aliyu, les deux hommes travaillaient sur ce site depuis 10 ans et les forces de sécurité locales leur avaient fourni une équipe de protection, compte tenu de la vague de kidnappings dans la région. Toutefois les archéologues avaient préféré compter sur l'escorte de riverains. Selon des habitants, deux femmes, qui seraient également Allemandes,  accompagnaient les archéologues mais elles avaient été épargnées. "Les ravisseurs sont arrivés avec des armes à feu et des machettes et ont ordonné aux Allemands de les suivre dans la brousse", a raconté l'un d'eux. Les ravisseurs ont tiré des coups de feu en l'air pour effrayer les  villageois avant d'emmener les hommes. "Deux hommes du village qui ont décidé  de poursuivre les ravisseurs ont été abattus", avait-il ajouté. Ce kidnapping a eu lieu à proximité de la route reliant l'aéroport de  Kaduna à la capitale fédérale Abuja.

Le manque de sécurité autour de cet axe est particulièrement inquiétant  alors que le gouvernement a annoncé la fermeture de l'aéroport d'Abuja pendant 6 semaines pour réparation, à compter du 8 mars, et que tous les vols  intérieurs doivent être détournés vers Kaduna. Les compagnies internationales ont refusé d'utiliser l'aéroport de Kaduna,  arguant de problèmes de sécurité et d'infrastructures vétustes. Les enlèvements sont particulièrement fréquents sur cet axe, s'ajoutant au regain de violences entre les nomades peuls et les cultivateurs de la région, qui ont fait au moins 200 morts depuis décembre. Plus généralement, le phénomène du kidnapping contre rançon est particulièrement répandu au Nigeria (4ème pays au monde en 2016 selon Control  Risk, organisation internationale de surveillance des risques) depuis une dizaine d'années.