Le trésor de Lava au coeur d'un trafic démantelé entre la Corse et Hong Kong

Par @Culturebox
Publié le 14/03/2017 à 16H11
L'une des pièces d'or retrouvées par des plongeurs dans le golfe de  Lava

L'une des pièces d'or retrouvées par des plongeurs dans le golfe de  Lava

© PHOTOPQR/NICE MATIN

Un trafic de pièces d'or de l'Antiquité romaine pouvant atteindre une valeur de plusieurs millions d'euros et destinées à être négociées à Hong Kong a été démantelé en Corse. Seize pièces d'une valeur estimée entre 50.000 et 750.000 euros chacune ont été saisies par la gendarmerie sur le port de Bastia. Quatre trafiquants présumés, ont été interpellés puis mis en examen et écroués.

Les pièces étaient dissimulées dans des tampons encreurs de décoration en bois et caoutchouc. Deux trafiquants, Simon Giuntini et Pierre-François Sabiani, s'apprêtaient à embarquer sur un car-ferry pour Savone, dans le Nord de l'Italie. Ils devaient ensuite voyager en train jusqu'à Milan pour y prendre un avion pour Hong Kong où ils prévoyaient d'écouler leur trésor. Les deux hommes, âgés d'une quarantaine d'années, ont reconnu les faits, de même qu'un complice, Olivier Birgi, arrêté peu après à Ajaccio, où il a été entendu, dans le cadre de cette enquête. La compagne de M. Giuntini a aussi été interpellée mais nie sa participation. Des armes ont été découvertes lors de diverses perquisitions. 

Reportage : H. Abdelkhalek, A. d'Abrigeon, France 3 Corse.

 41 pièces datant du IIIe sièccle avanr JC

Les pièces vont être expertisées pour en déterminer la valeur. Elles font partie, selon M. Bessone, du "Trésor de Lava", du nom d'un golfe, à quelques km au Nord d'Ajaccio, dans les eaux duquel un premier lot de 41 pièces fut découvert en 1956. Elles proviendraient d'un trésor composé de monnaies, médaillons, bijoux, pièces d'ornement et de vaisselle en or estimé à plusieurs dizaines de millions d'euros entreposé dans les cales d'un navire romain échoué en Corse au IIIe siècle avant JC, sous l'empereur Gallien, durant la décadence de l'empire romain.
 
Ces premières pièces découvertes furent officiellement dispersées lors de ventes aux enchères. D'autres antiquités furent trouvées au début des années 1970, puis lors de recherches clandestines, en 1985, par des plongeurs insulaires, dont l'un d'eux a depuis été mis en examen.
 
Le fruit de la mise sur le marché asiatique des antiquités romaines devait permettre aux trafiquants d'acheter des armes démilitarisées et remilitarisées dans plusieurs pays d'Extrême-Orient, notamment aux Philippines, puis de les importer en Europe, a indiqué le procureur Bessone.