Le splendide Musée des Arts forains célèbre le music-hall en décembre

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 21/11/2012 à 12H34
Le Musée des Arts forains (2007)

Le Musée des Arts forains (2007)

© Sonnet Sylvain / Hemis.fr / AFP

C'est devenu une tradition. Pour les fêtes de fin d'année, le Musée des Arts forains, lieu secret implanté dans l'ancienne Halle aux vins des Pavillons de Bercy à Paris, ouvre exceptionnellement dix jours au grand public. Cette année, ce sera le cas du 26 décembre au 6 janvier, avec pour thème le music-hall.

Son patron, Jean-Paul Favand, ancien comédien et antiquaire, fait vivre sa fabuleuse collection d'art forain grâce à des soirées privées de grandes entreprises, entre autres événements (défilés de mode, tournages...). Mais il n'ouvre au public que deux fois par an : lors des Journées du patrimoine et des fêtes de Noël.

C'est alors l'occasion d'un voyage dans le temps, dans un monde d'illusions, où les décors somptueux s'animent sous l'effet de jeux de lumières et de spectacles de magie ou d'acrobates toutes les demi-heures.

Le musée a racheté des pièces des Folies Bergère
Cette année, Jean-Paul Favand a saisi l'occasion de plusieurs ventes aux enchères, dont celle des magnifiques costumes de scène des Folies Bergère en juin, pour "habiller" son musée aux couleurs du music-hall, avec froufrous, paillettes, boas, et même un string à bananes tout en strass qui pourrait avoir appartenu à Joséphine Baker... Son "pagne à bananes" avait fait scandale lors de la première "Revue nègre" au Théâtre des Champs-Elysées, en 1925.

Si aujourd'hui, music-hall rime avec danseuses en petite tenue, la nudité n'est venue que progressivement : les premiers cancans dévoilaient des jupons volantés et culottes bouffantes bien en dessous du genou. C'est peu à peu que les culottes raccourcissent jusqu'à dévoiler la cuisse. En 1912, paraît la première femme nue aux Folies Bergère.

Le music-hall, comme l'art forain, a connu son apogée au tournant du XXe siècle à Paris, Berlin et Londres, où est né le mot. Les Folies Bergère naissent en 1869, le Chat Noir en 1881, l'Olympia en 1893, l'Alhambra en 1904, Bobino et le Casino de Paris en 1917...

Les arts forains, un divertissement pour adultes
C'était un temps où il n'y avait ni télévision, ni cinéma. "D'ailleurs, au début, le cinéma a été porté par la fête foraine", relate à l'AFP Jean-Paul Favand. Le vrai divertissement, c'était l'art forain. "Les spectacles étaient la télévision de l'époque, et la grande parade, c'était la publicité !" Le public était surtout un public d'adultes, comme on le voit sur le fameux boulevard du Crime des "Enfants du Paradis" de Marcel Carné, qui vient d'être restauré. "A peine 10% des manèges étaient faits pour les enfants", rappelle le collectionneur.

Manège du Musée des Arts forains (13/9/2011)

Manège du Musée des Arts forains (13/9/2011)

© Olivier Lejeune / Le Parisien / PhotoPQR / MaxPPP
Les attractions de la fête foraine s'installent au théâtre et au music-hall : mimes, animaux savants, prestidigitateurs, pantomimes et ballets. Au Moulin Rouge, l'attraction la plus populaire, outre le French cancan, était le pétomane Joseph Pujol...

En 30 ans de passion, Jean-Paul Favand a acquis des "semi-remorques de décors et de manèges", et récemment des malles et des malles de costumes et de plumes, qu'il restaure dans ses ateliers. "Les plumes requièrent un savoir-faire particulier." En 1919, il y avait 425 plumassiers à Paris, il n'en reste plus que trois. Le musée a aussi déniché des figures de cire de l'époque en provenance du Musée Grévin : Toulouse-Lautrec et ses modèles, "La Goulue", "Valentin de Désossé".

Le musée, qui accueille chaque année 200.000 personnes lors des soirées privées et visites sur rendez-vous, reçoit près de 50.000 visiteurs à l'occasion de l'ouverture des fêtes de Noël.

Musée des Arts forains
Les Pavillons de Bercy
53, avenue des Terroirs de France
75012 Paris
10H00 - 18H00
Renseignements : 01 43 40 16 22 ou ici
Tarifs : 5 à 12 euros