Le musée que vous ne visiterez jamais : les archives secrètes de la CIA !

Par @martelclem
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 30/07/2013 à 11H50
Le musée est hébergé au coeur du quartier général de la CIA

Le musée est hébergé au coeur du quartier général de la CIA

© Rex Features/REX/SIPA

Le siège de l’agence de renseignements américaine héberge le “musée le plus cool que vous ne verrez jamais”. Et pour cause, cette institution qui retrace l’évolution de la CIA et expose entre autres la kalashnikov de Ben Laden est interdite au public.

Qui a dit que les musées servaient à diffuser la culture ? La définition de l’Unesco, par exemple. Il n’empêche, il est un musée aux Etats-Unis qui n’accueille pas de visiteurs. Situé à Langley, en Virginie, il s’agit du très secret musée de la CIA, l’agence de renseignements américaine.

Un musée bien gardé
Dans l’enceinte même du siège de l’Agence, ce musée très spécial héberge des collections d’objets retraçant l’histoire de la CIA, de sa création à ses dernières opérations. Une équipe de NBC, la chaîne de télévision américaine, a été autorisée à tourner dans ce lieu d'ordinaire réservé aux employés de la firme.

Pour réaliser ce reportage, l’équipe de télévision a dû suivre les règles de la CIA, et accepter des vérifications drastiques, dévoile un reporter sur le site de la chaîne. Plusieurs mois de préparation, l’interdiction de filmer des employés de la firme (autres que ceux prévus), même en arrière-plan ou de façon anonyme, puis la nécessité de fournir les numéros de sécurité sociale et dates de naissance de chaque membre de l’équipe pour une vérification.

Ajoutons à cela la nécessité de présenter l’identité (marque, modèle et même numéro de série) de chaque appareil et l’interdiction d’utiliser du matériel sans-fil (comme les micros employés d’ordinaire par la télévision), et vous êtes prêts à tourner.

Des débuts de l'Agence à “Argo”
Occupant trois longs couloirs courant dans deux bâtiments sur l’immense campus de Langley, le musée de la CIA, “le musée le plus cool que vous ne verrez jamais” comme l’appellent en plaisantant les porte-paroles de l’agence, retrace l’histoire de la CIA. De ses débuts, sous le nom d’OSS pendant la Seconde guerre mondiale, aux dernières opérations “célèbres” : on se croirait dans un film d'espionnage, sauf que les gadgets exposés ont réellement servi et inspiré Hollywood.

Les opérations menées par ce service secret au cours de la Guerre froide sont documentées et illustrées, par exemple, par un faux dollar contenant un microfilm ou un drone sous-marin ressemblant à un poisson-chat. A côté d'une lettre écrite sur du papier à lettre d'Adolf Hitler, un faux scénario hollywoodien est aussi exposé. Il s'agit d'un souvenir de l’opération d’évacuation de six américains d’Iran en pleine révolution islamique en 1979. Cette histoire a servi de trame au film récemment oscarisé de Ben Affleck, “Argo”.

Le fusil de Ben Laden
Dans la partie du consacrée à la “guerre contre le terrorisme” depuis le 11 septembre 2001, le clou du spectacle est indéniablement un fusil d’assaut. Le plus populaire du monde, d’ailleurs, de fabrication russe. Mais si cette kalashnikov (car c’est bien un AK-47) est exposée, c’est parce qu’elle appartint à une “célébrité”, l’ennemi intime de l’Amérique : Oussama Ben Laden. 

Mais pas question d’expliquer comment ce fusil, retrouvé à Abbottabad (Pakistan) à côté du chef d’Al Qaida lors du raid au cours duquel il a été tué en 2011, est arrivé dans le musée. Dès qu’il est question de détails, le “secret défense” n’est jamais loin. La conservatrice, Toni Hilley, explique juste que cette arme, incrustée de signes chinois inéxpliqués par la CIA, “illustre le point final à dix ans de coopération entre les services secrets et l’armée dans la chasse à Ben Laden”.

Une "collection classifiée" invisible
Le musée n’est pas ouvert au public, mais les passionnés d’espionnage ou d’histoire peuvent consulter un aperçu de ses collections en ligne, sur le site de la CIA, et parfois, l'agence organise des expositions temporaires dans de "vrais" musées. Et si les collections exposées sont déjà d’envergure, la conservatrice de ce musée très spécial ouvert au début des années 1990 dévoile que celles entreposées sont bien plus importantes encore et regorgent de secrets. 
 
Et, plus mystérieuse encore que le musée lui-même, une “collection classifiée” y est exposée quelque part dans une salle secrète. Et là, aucune caméra n’est admise, il faudra juste se l’imaginer.