Le musée de l'Ermitage offre son aide à la restauration du site de Palmyre

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 04/04/2016 à 14H23
Le site de Palmyre en Syrie, mars 2016 : avant et après la guerre

Le site de Palmyre en Syrie, mars 2016 : avant et après la guerre

© JOSEPH EID / AFP

Fort d'une importante collection de sculptures et tombes de Palmyre, le musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg offre son aide pour reconstruire la cité antique, tout juste reprise par l'armée de Bachar al-Assad aux jihadistes de l'organisation Etat islamique.

"Restaurer Palmyre est notre responsabilité à tous" a indiqué le directeur du musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg. Mikhaïl Piotrovski -chargé de l'aide russe pour redonner son visage à Palmyre- a fait cette déclaration depuis l'une des salles du musée où sont exposées neuf pierres tombales, les fragments de sculptures, plusieurs objets tels que des pièces de monnaie, tous originaires de Palmyre.

La plus belle acquisition du musée russe sont quatre dalles lourdes de 15 tonnes au total : les inscriptions en araméen et grec indiquent les tarifs douaniers de Palmyre en vigueur au IIe siècle après Jésus-Christ, lorsque la ville-oasis s'était transformée en important carrefour caravanier. Découverte par un archéologue amateur, le prince Abamelek-Lazarev, lors de son voyage à Palmyre en 1882, cette pièce unique fait partie des rares trésors de la cité antique encore préservés, après que celle-ci soit tombée aux mains des jihadistes de l'organisation Etat islamique.

Repris fin mars par les forces du régime syrien appuyées par l'aviation russe, le site antique de Palmyre n'est plus que colonnes démantelées et amas de gravas, selon un journaliste de l'AFP qui s'est rendu sur place.

Prendre son temps

"Restaurer Palmyre est un travail de longue haleine et l'essentiel est de prendre son temps", souligne M. Piotrovski, qui estime que les dommages causés par les jihadistes aux ruines de Palmyre peuvent atteindre jusqu'à 70% du site. "Il va falloir inscrire où a été trouvé chaque pierre, avant de prendre une  décision sur la façon de restaurer ces monuments historiques", explique-t-il. Il en est convaincu : seule une "société internationale" où participeraient les pays-membres de l'Unesco et le directeur des Antiquités syriennes Maamoun Abdelkarim pourrait mener à bien la restauration de Palmyre. M. Abdelkarim a appelé vendredi "les archéologues et experts du monde entier à venir travailler avec (lui) car ce site fait partie du patrimoine mondial de l'humanité".

Mais il faudra avant déminer Palmyre : l'EI a planté 4.500 engins explosifs artisanaux reliés par des téléphones portables à la centrale téléphonique et désamorcés in extremis, selon le gouverneur de Palmyre. Des démineurs russes, avec leurs chiens, détecteurs de mines et radars, sont déjà partis de Moscou et ont rejoint la cité antique.
Le site de Palmyre en Syrie en mars 2016 : avant et après la guerre

Le site de Palmyre en Syrie en mars 2016 : avant et après la guerre

© JOSEPH EID / AFP

L'expérience russe

Mais, en plus de ses compétence en déminage, la Russie "a beaucoup d'expérience concernant la restauration de monuments historiques détruits, notamment pendant la Seconde guerre mondiale", fait valoir le directeur de l'Ermitage. Il cite l'exemple de Tsarskoïé Tsélo : la résidence d'été des Tsars, à  quelques kilomètres de l'ancienne cité impériale, a été presque entièrement détruite par les combats entre troupes nazies et soviétiques. Elle est désormais entièrement restaurée dans ses moindres détails et sa façade bleue ciel attire les touristes.

Palmyre pourrait tout aussi bien retrouver sa splendeur, affirme M. Piotrovski. Galina Prokhorova, guide à l'Ermitage, a remarqué un regain d'intérêt pour l'art palmyrien. "La salle où sont exposés les objets de Palmyre est habituellement une salle où on ne fait que passer et il n'y a jamais beaucoup de monde. Mais cette semaine, j'y vois plus de personnes que d'habitude...", se réjouit-elle.