Le Louvre réunit 500.000 euros pour deux trésors de l'Islam

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 01/06/2012 à 13H23
Des éléments du moucharabieh (à gauche) et le porche mamelouk remonté (détails

Des éléments du moucharabieh (à gauche) et le porche mamelouk remonté (détails

© Musée du Louvre / photos Raphaël Chipault (2009) et Antoine Mongodin (2012)

En cinq mois, le musée du Louvre a réuni les 500.000 euros qu'il espérait pour restaurer deux oeuvres du futur département des arts de l'Islam, qui sera inauguré en septembre. Quelque 1.900 donateurs se sont manifestés pour ces trésors venus du Caire.

Lancé en décembre, l'appel aux dons se solde par un résultat fructueux, celui escompté, même s'il est moins important que la somme reçue pour "Les Trois Grâces" de Lucas Cranach (1472-1553). Ce tableau avait pu être racheté par le Louvre grâce à l'apport de plus d'un million d'euros de dons privés récoltés en un mois à la fin de l'année 2010.

Cette fois, l'opération visait à financer la reconstitution, la restauration et le remontage des deux éléments d'architecture égyptienne qui seront présentés dans le département, un porche mamelouk et un balcon inspiré des Maures. Le Louvre "remercie chaleureusement ses généreux contributeurs" dans un communiqué daté du 31 mai.

Restauration de deux oeuvres et appel aux dons : le message du Louvre en décembre 2011

Un porche de cinq tonnes
Le porche mamelouk du XVe siècle, haut de 4 mètres, a été transporté pierre par pierre (5 tonnes) depuis le port d'Alexandrie jusqu'à Paris en vue de la reconstitution d'une rue du Caire pour l'Exposition universelle de 1889. Face aux difficultés techniques, il n'a jamais été remonté. Il est resté réparti dans une cinquantaine de caisses "non inventoriées" au musée des Arts décoratifs. Celui-ci les a déposées en 2004 au Louvre , qui a mené des recherches pour reconstituer ce porche, devenu un puzzle.

Détail du porche mamelouk

Détail du porche mamelouk

© 2011 Musée du Louvre / Hélène Bendejacq
Un balcon haut de 3 mètres et des vitraux cairotes
Le moucharabieh du XVIIIe siècle, balcon d'inspiration mauresque et d'époque ottomane, haut de 3 mètres, a été acquis par le baron Edmond de Rothschild pour son fumoir mauresque aménagé vers 1890 dans son hôtel particulier à Paris. Mais il n'a finalement pas été remonté et il a été offert aux collections françaises en 1920. Des vitraux cairotes, ramenés eux aussi au XIXe pour décorer un intérieur français puis donnés à l'Etat, font également l'objet d'une restauration.

Détail du vitrail du moucharabieh

Détail du vitrail du moucharabieh

© Frédérique Hamadene

Le profil des donateurs
Le Louvre souhaitait réunir 500.000 euros sur un budget d'environ 1,2 million d'euros. La campagne a démarré en décembre 2011. La somme a été atteinte fin avril 2012 grâce à un total de 1.920 dons allant de 4 euros à 7000 euros (pour une moyenne de 159 euros). Le don le plus fréquent s'élevait à 50 euros. Les fonds ont convergé de tout le pays, métropole et Dom-Tom compris. Toutefois, deux tiers des donateurs viennent de la région parisienne.  Des pays étrangers sont également représentés (en tête : Belgique, Suisse, Etats-Unis, Espagne, Brésil). Les donateurs sont des hommes à 53%, des femmes à 47%. Deplus, 20% d'entre eux avaient déjà participé à la campagne de souscription des "Trois Grâces".

Les donateurs seront remerciés nominativement pour leur implication et recevront un accès spécifique à une visite des pièces restaurées, déterminé selon l'importance de la somme investie.