Le crâne du guerrier kanak Ataï de retour en Nouvelle-Calédonie

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 03/09/2014 à 10H28
Le crâne du chef kanak Ataï, insurgé  décapité en 1878, est arrivé mercredi en Nouvelle-Calédonie

Le crâne du chef kanak Ataï, insurgé  décapité en 1878, est arrivé mercredi en Nouvelle-Calédonie

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Le crâne du chef kanak Ataï, insurgé décapité en 1878, est arrivé mercredi en Nouvelle-Calédonie, après avoir été restitué la semaine dernière à Paris à ses descendants, a constaté l'AFP.

Les reliques du grand chef kanak et de son guérisseur "Meche" sont arrivées dans la nuit mercredi à l'aéroport international de Nouvelle-Calédonie, où s'est déroulée la première phase des cérémonies coutumières.

Toute la journée, dans la tribu du Petit Couli, au coeur des montagnes et d'une végétation luxuriante, les membres du clan descendant d'Ataï ont accueilli les chefferies kanakes de tout l'archipel et plusieurs centaines de personnes, venues assister à cet évènement historique.

Le retour du "grand-père"

Enfermées dans deux petits cercueils, sur lesquels avaient été posées des coiffes traditionnelles, une sculpture et une hache ostensoir, les reliques étaient installées sous un modeste abri en tôle. Elles devaient en fin de journée rejoindre une salle mortuaire, ouvrant comme le veut la tradition kanake, une année de deuil.

"Je ne trouve pas les mots pour dire combien je suis ému. C'est comme une résurrection pour le 'grand père' qui est de retour aujourd'hui", a déclaré à l'AFP Bergé Kawa, grand chef du district de La Foa et descendant direct d'Ataï.

Ataï chef de la rébellion

Jeudi dernier à Paris, au Muséum national d'histoire naturelle (MNHN), c'est à lui que le crâne d'Ataï et celui de son compagnon avaient été remis, en présence de la ministre française des Outre-Mer George Pau-Langevin. Figure emblématique, Ataï avait pris la tête en 1878 d'une vaste rébellion pour protester contre les spoliations foncières de l'administration coloniale.

Pour mater les insurgés, l'armée s'était adjointe des supplétifs venus de Canala, dans l'est de l'île. Le 1er septembre 1878, l'un d'eux, dénommé Ségou, tua Ataï, dont la tête avait ensuite été tranchée. Placée dans un bocal d'alcool, elle avait été expédiée au Musée d'ethnographie du Trocadéro pour y être étudiée. Longtemps dit perdu, son crâne a été "retrouvé" en 2011, après une alerte de l'écrivain Didier Daeninckx, auteur d'un roman historique inspiré du destin d'Ataï.