La dépose de la mosaïque d'Uzès a commencé, sur fond de polémique

Par @Culturebox
Mis à jour le 09/06/2017 à 22H28, publié le 12/04/2017 à 14H54
La mosaïque romaine découverte à Uzès va être déposée et transportée à Nîmes pour être protégée et sauvegardée

La mosaïque romaine découverte à Uzès va être déposée et transportée à Nîmes pour être protégée et sauvegardée

© Pascal Guyot / AFP

Des archéologues de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) ont entamé mardi la dépose de la mosaïque romaine exceptionnelle trouvée à Uzès (Gard), sur fond de controverse au sujet de la préservation du site.

La mosaïque de quelque 60 m2 découverte entre deux lycées, où la région Occitanie prévoit la construction d'un réfectoire et d'un internat, doit être stockée à Nîmes dans les réserves de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac).
 
Selon un communiqué de la région Occitanie, il s'agit d'une "étape incontournable visant à protéger, sauvegarder et restaurer ces vestiges archéologiques".
 
Mais plusieurs associations d'Uzès avaient demandé que la mosaïque soit maintenue sur le site et que les projets de construction soient interrompus. "Conformément à la règle pour les sites exceptionnels, les mosaïques devraient être laissées sur place, en les protégeant, solution qui préserve l'intégrité du site et le met en valeur, quitte à obliger un promoteur à renoncer ou à modifier son projet", avait notamment souhaité le comité de quartier dans une lettre adressée à la fois à l'Unesco, au ministère de la Culture, à la région et aux autorités préfectorales.
Un détail de la mosaïque découverte à Uzès

Un détail de la mosaïque découverte à Uzès

© Pascal Guyot / AFP


La mosaïque reviendra à Uzès, promet le conseil régional

"Notre première responsabilité est de protéger le patrimoine en assurant la préservation de la mosaïque d'Uzès. Cet ouvrage rare sera ensuite visible sans risque à Uzès, je m'y engage", a déclaré la présidente du conseil régional d'Occitanie Carole Delga alors que certains craignaient que ce témoignage du passé et cet atout touristique quitte définitivement la ville.
 
Après avoir été nettoyée, étudiée et restaurée à Nîmes, la mosaïque regagnera Uzès dans un délai non précisé pour y être présentée au public, dans un lieu qui sera défini par la Région, la municipalité d'Uzès et la Drac.
 
Philippe Cayn, l'archéologue responsable des opérations de fouilles, avait qualifié fin mars lors d'un entretien à l'AFP la mosaïque d'"exceptionnelle par sa taille, son époque et son état de conservation".

Une œuvre de l'époque de la conquête des Gaules

"Elle fait 60 m2, c'est une des plus grandes retrouvées dans le midi de la France, elle date du 1er siècle avant JC - l'époque de la conquête des Gaules par César, alors que les mosaïques sont souvent plus tardives, et son parement est particulièrement soigné, dans un état de conservation remarquable", avait-il souligné. Elle présente un décor raffiné constitué de riches motifs géométriques et d'animaux.
 
C'est tout un réseau de rues, des îlots d'habitations, des maisons de l'époque romaine qui ont été mis au jour par l'équipe de l'Inrap sur ce chantier qui a permis pour la première fois de documenter le passé gallo-romain d'Uzès, alors connue sous le nom d'Ucetia.