L’Opéra Royal de Versailles, un joyau de notre patrimoine

Par @Culturebox
Publié le 26/07/2017 à 13H39
Opéra royal de Versailles

Opéra royal de Versailles

© STEVENS FREDERIC/SIPA

Inauguré en 1770 par Louis XV, l’Opéra Royal de Versailles est le résultat d’un siècle de projets et de recherches commencés sous le règne du Roi-Soleil au XVIIe siècle. Hautement complexe, elle est l’une des premières salles polyvalentes de l’Histoire, témoignant de l’effervescence artistique et culturelle au XVIIIe siècle. Immersion au cœur de l’histoire de ce somptueux édifice royal.

Là-haut, au sommet de l’opéra, règne Apollon distribuant des couronnes aux Muses. Peint par Louis Durameau, ce plafond domine la scène théâtrale, l’une des plus grandes de France. Dessous, invisibles, les sous-sols faits de bois constituent une haute prouesse technique. Puis, cachée, à l’abri des regards, la loge du Roi où Louis XV puis Louis XVI vinrent assister aux spectacles en toute discrétion. Visite guidée de l’Opéra Royal de Versailles considéré encore aujourd’hui comme l’un des plus beaux théâtres du monde.

Reportage France 2 : N. Lemarignier / V. Gaget / T. Guery / N. Berthelot

Un Opéra Royal

Inauguré le 16 mai 1770, cet opéra avait en réalité été pensé dès l’arrivée à Versailles de Louis XIV en 1682. Face aux montants que représentaient de tels travaux, la Cour s’est contentée pendant un siècle d’une petite salle de comédie située sous le passage des Princes. Mais en 1768, à l’approche du mariage de son petit-fils avec Marie-Antoinette d’Autriche, Louis XV précipite les travaux qui devront être terminés en l’espace de 23 mois. Œuvre du premier architecte du roi, Ange-Jacques Gabriel, cet opéra est inspiré des plus grands théâtres italiens, de Bologne, de Parme ou encore de Turin.
L'opéra royal de Versailles

L'opéra royal de Versailles

© STEVEN FEDERICS/SIPA
En seulement deux ans, la réalisation de ce batiment est un véritable exploit technique. A la représentation d’opéra succédait le diner royal où l’on devait aménager la salle pour que le roi et quelques convives se retrouvent au milieu de la salle. Puis, pour la soirée de bal, on relevait le niveau de la salle pour qu’apparaisse un immense espace de danse. Le secret de ces aménagements se trouve dans les sous-sols où se cachent d’impressionnantes machineries en bois. En plus d’assurer une continuité entre la scène et la salle, elles permettaient de mettre en mouvement les décors du plateau.

Les grands cabestans permettaient d’accorder avec des cordes tous les décors et dans un même mouvement de les faire tous se retirer du plateau. Donc on pouvait avoir une forêt qui soudain reculait et un palais apparaissait sur le plateau. Un effet spécial daté 1770 !

Laurent Brunner, le directeur de "Château de Versailles Spectacles"

De Louis XIV à… John Kennedy : haut lieu politique

L’histoire de cet opéra qui a accueilli le théâtral royal sous Louis XV et Louis XVI, l’Assemblée nationale après la chute du Second Empire et aujourd’hui des spectacles du monde entier est assez singulière. C’est en 1871, après la chute du Second Empire que l’Opéra Royal devient le lieu de l’Assemblée nationale puis du Sénat pendant huit ans. Un siècle plus tard, le Général de Gaulle y recevra John Kennedy et Georges Pompidou la reine d’Angleterre.
Le Président De Gaulle reçoit le Président Kennedy - Mme. DE GAULLE / President KENNEDY / General DE GAULLE / JACQUELINE KENNEDY

Le Président De Gaulle reçoit le Président Kennedy - Mme. DE GAULLE / President KENNEDY / General DE GAULLE / JACQUELINE KENNEDY

© ZUMA PRESS/MAXPPP
Après d’importants travaux en 2009 pour redonner à l’opéra toute sa splendeur, cette salle accueille désormais de nombreux concerts et ballets. Le ballet de Monte-Carlo a notamment investi les lieux pour une représentation de « Cendrillon ». Quand les danseurs entrent sur scène, c’est toujours la même magie qui opère. Emerveillés, ils se sentent « tout petits face à une scène historique comme celle-là ». A chaque représentation, à la fin du spectacle, c’est vers le ciel que se dirigent les yeux du public, en direction d’Apollon et de ses Muses.   
Plafond de l'opéra royal de Versailles peint par Louis Durameau

Plafond de l'opéra royal de Versailles peint par Louis Durameau

© CLAIRE LEBERTRE / AFP