L'Hermione arrive à bon port

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 10/08/2015 à 15H43
L'Hermione arrive à Brest

L'Hermione arrive à Brest

© Fred Tanneau / AFP

L'Hermione a donné 18 coups de canon avant d'accoster à Brest lundi après-midi. Saluée par les jets d'eau géants de l'Abeille Bourbon, la frégate de retour d'Amérique du Nord a été accueillie par les applaudissements de milliers de spectateurs.

Deux heures plus tôt, toutes ses voiles blanches dehors sous un ciel gris bleu, entourée d'une forêt de mâts de voiliers de plaisances et de vieux gréements, avec leurs traditionnelles voiles rouge cachou, L'Hermione, réplique de la frégate de La Fayette, était apparue à l'entrée du goulet de Brest. Devant elle, contrastant par sa modernité, la "Latouche-Tréville", une frégate en acier, sortie deux siècles plus tard des arsenaux de la marine, ouvrait la mer, tandis que la "Recouvrance", symbole de Brest et réplique d'une goélette aviso de 1817, fermait élégamment la marche.
              
La frégate a alors tiré six coups de canons avant que ses gabiers ne commencent à monter dans les vergues en vue de ferler les voiles, quand le navire approcherait du port. Des sonneurs de bagad, formation traditionnelle  bretonne, accompagnaient en musique la manoeuvre, depuis le coquillier de 1948 Général Leclerc.
             
Le "phare du Petit Minou", qui marque l'entrée de la rade de Brest, a été passé vers 13h15 par cette magnifique armada.

De vieux gréements à la rencontre du navire             

Dès le milieu de matinée, les premiers "fans", à bord de vieux gréements, sont allés à la rencontre du navire. Et à la mi-journée, des dizaines, étaient sur les jetées proches du quai Malbert où elle devait accoster, à une encâblure du château de Brest.
              
L'Hermione restera jusqu'au 17 août dans le port finistérien : un "village à terre" dédié proposera aux visiteurs une exposition sur le navire, mais aussi des démonstrations et initiations nautiques, des débats et des rencontres avec les membres de l'équipage, pour entendre le récit de leur odyssée.
 
Copie conforme du trois-mâts à bord duquel le marquis de La Fayette était allé en 1780 apporter le soutien de la France aux insurgés américains contre  l'Angleterre, L'Hermione avait quitté l'île d'Aix le 18 avril dernier, en présence du président François Hollande.
              
Même le président américain Barack Obama y était allé de son message, souhaitant "bon vent" à l'équipage.

Un symbole de l'amitié franco-américaine     

Ainsi adoubé comme symbole de l'amitié franco-américaine, le navire, dont la construction a duré 17 ans, a pris la mer. Destination les côtes de l'Est américain et notamment New-York où, naviguant au pied de la statue de la  Liberté, il a été l'invité d'honneur de la parade nautique organisée à  l'occasion de la fête nationale américaine, célébrant l'indépendance du pays le 4 juillet 1776.
              
Et pendant les trois jours de festivités, des milliers de personnes ont pu fouler le pont de bois, parcourir les coursives et visiter le bateau de plus de  65 m de long amarré au pied des gratte-ciel, au sud de Manhattan.
              
Au total, le périple transatlantique aura été marqué par 18 escales, la dernière à Saint-Pierre-et-Miquelon, avant un retour un peu mouvementé. Au départ de l'archipel français, une dépression, d'abord annoncée comme ouragan, a en effet donné des sueurs froides à l'équipage.

Des sueurs froides au retour

Le commandant de L'Hermione, Yann Cariou, a assuré lundi, à l'arrivée à Brest, que le retour n'avait "pas été une promenade de santé" et s'est dit admiratif de son équipage et du navire. "Ca n'a pas été sans mal, ça a été très rude", a-t-il ajouté. La traversée a été marquée par "17 jours intensifs à faire marcher le bateau, à jouer avec les dépressions en permanence", a-t-il expliqué, soulignant que les vents avaient atteint "45-50 noeuds en permanence".

"C'est un bateau qui nécessitait 250 personnes autrefois : on était 75 et on a fait aussi bien qu'eux", a déclaré Yann Cariou.
              
A son arrivée à Brest, parmi l'équipage figurent une soixantaine de volontaires, selon les organisateurs de l'étape brestoise.

Dernière étape, Rochefort              

Au terme de cette étape, le trois-mâts prendra la direction de Bordeaux, où il s'était déjà amarré avant son départ pour l'Amérique, en octobre 2014, quand environ 13.000 personnes s'étaient pressées pour visiter le bâtiment.
              
Puis il regagnera son port d'attache, Rochefort, en Charente-Maritime, là où fut construite en 1779 la frégate originale, qui coula 14 ans plus tard au large du Croisic (Loire-Atlantique) à la suite d'une erreur de navigation.
              
Il sera de nouveau à Brest l'an prochain, pour les Fêtes maritimes  internationales, le grand rassemblement de la voile et des gens de mer.