L'Autriche dénonce l'arrêt des fouilles à Ephèse pour des motifs politiques

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 13/09/2016 à 13H22
La "fontaine de Trajan" sur le site d'Ephèse, en Turquie.

La "fontaine de Trajan" sur le site d'Ephèse, en Turquie.

© Manuel Cohen / MCOHEN

L'Autriche a protesté le 12 septembre auprès de la Turquie contre la suspension, pour des raisons "politiques", du permis de fouilles des archéologues autrichiens qui dirigent les recherches à Ephèse. 200 chercheurs de 20 nationalités différentes sont concernés. Ce site antique très célèbre abrite notamment les restes d'un exceptionnel temple d'Artémis.

"Plus de 120 ans de coopération scientifique fructueuse entre nos pays (...) se retrouvent ainsi sévèrement freinés", déplore dans un courrier au ministère turc de la Culture le ministre autrichien de la Recherche Reinhold Mitterlehner.

Ephèse, site ancien parmi les plus célèbres

Dans cette lettre citée par l'agence de presse APA, le ministre déplore que la recherche scientifique se trouve "bridée par la politique". Selon le gouvernement autrichien, l'équipe de l'Institut archéologique autrichien qui mène les fouilles depuis de nombreuses années parmi les vestiges de ce qui fut l'une des plus importantes cités du monde antique s'est vu  ordonner de suspendre ses travaux pour cette année. 

Ephèse, le Temple d'Hadrien.

Ephèse, le Temple d'Hadrien.

© MANUEL COHEN / MCOHEN

Située à proximité de la mer Egée, Ephèse était autrefois un port, d'où la mer s'est retirée. Elle abrite les restes d'un exceptionnel temple d'Artémis, considéré dans plusieurs textes anciens comme l'une des sept merveilles du monde.

200 chercheurs de 20 nationalités concernés par la suspension des fouilles

Sabine Ladstätter, la directrice des fouilles, a déclaré sur la radio publique autrichienne que la nouvelle leur était parvenue fin août et que 200 chercheurs de 20 nationalités, dont une cinquantaine de Turcs, étaient concernés par l'arrêt prématuré des fouilles. Elle a évoqué une "réaction à des tensions politiques", espérant que les travaux des archéologues puissent reprendre prochainement.

L'Autriche a multiplié cet été les échanges acerbes avec Ankara, réclamant l'arrêt des négociations d'adhésion UE-Turquie, en raison de l'ampleur des purges décrétées par le président turc Recep Tayyip Erdogan à la suite du coup d'Etat avorté du 15 juillet. Sollicité par l'AFP, le ministère turc de la Culture n'était pas dans l'immédiat disponible pour un commentaire.