L'artiste Daniel Buren envisage une action en justice contre la Ville de Lyon

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 18/08/2015 à 12H57
Daniel Buren en 2013.

Daniel Buren en 2013.

© SOUVANT GUILLAUME/SIPA

Dans un entretien au journal Le Progrès, l'artiste Daniel Buren se dit "écoeuré" par "l'état d'abandon" de la Place des Terreaux, la place lyonnaise accueillant son "oeuvre". Doutant d'une prochaine réhabilitation, il dit envisager "une action en justice" contre la Ville de Lyon.

"Devant ce désastre et les non-réponses (...), la seule solution, c'est une action en justice", menace Daniel Buren dans un entretien au quotidien Le Progrès de ce mardi 18 août.

En cause, la dégradation des 69 petites fontaines de la place 

"On se fiche de ma figure depuis 15 ans, il faut arrêter. L'image que l'on donne de cette place et de la ville est horrible", poursuit l'artiste, qui avait réhabilité en 1994, avec l'architecte lyonnais Christian Drevet, l'emblématique place des Terreaux, face à l'Hôtel de Ville. En cause, les 69 petites fontaines alignées impeccablement au carré sur un revêtement en pierres blanches, noires et grises, créant un effet miroir. Mais dès 1995, l'oeuvre avait dysfonctionné, l'eau débordant, la pierre se cassant ou s'affaissant.
La place des Terreaux à Lyon abritant l'oeuvre de Daniel Buren.

La place des Terreaux à Lyon abritant l'oeuvre de Daniel Buren.

© XAVIER VILA/SIPA

En théorie interdite aux véhicules, la place avait rapidement vu des camions y stationner "déréglant la planification des granits", selon l'artiste. Et la circulation des bus sur le pourtour a aggravé la situation. "De jour en jour, ce truc-là est de plus en plus innommable. C'est  désastreux pour moi. On peut avoir un jugement par rapport à une oeuvre terminée. Là, il ne peut être que négatif", assène Daniel Buren.

Dialogue interrompu avec la Ville

Selon lui, le maire de Lyon Gérard Collomb lui avait assuré en 2008 que la réfection de la place était inscrite dans son mandat. "Rien ne se fait. Je pense qu'il ne feront jamais rien, que c'est voulu, que c'est fini", lâche l'auteur des célèbres colonnes dites "de Buren"  installées au coeur du Palais Royal à Paris. Pour lui, "la situation est allée en s'envenimant. Il n'y a plus de  dialogue".

Jointe par l'AFP, la Ville de Lyon "n'a pas souhaité réagir" dans l'immédiat aux propos de Daniel Buren. Elle précise toutefois qu'avant le réaménagement de la place, une prochaine étape est la réfection de l'historique Fontaine Bartholdi, déplacée par Daniel Buren sur un côté de la place. La place réaménagée est "intouchable", rappelle Daniel Buren. L'oeuvre "a  été faite pour cette place, c'est là qu'elle doit rester et elle doit rester propre. S'il faut que j'accepte qu'elle soit détruite, qu'on la retire du patrimoine, ce n'est pas gagné d'avance", prévient-il.