Joyau de Palmyre, le temple de Bêl a été détruit par l'État islamique

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 31/08/2015 à 14H35
Le temple de Bêl à Palmyre

Le temple de Bêl à Palmyre

© Manuel Cohen / AFP

Le temple de Bêl, trésor de la cité antique de Palmyre en Syrie, a été détruit par les jihadistes de l'EI, selon des images satellite de l'Onu diffusées lundi. C'est le deuxième temple détruit par l'EI en une semaine à Palmyre, site classé par l'Unesco au patrimoine mondial de l'Humanité. Les jihadistes ont pris le contrôle du site fin mai.

Lundi soir, l'Institut des Nations unies pour la formation et la recherche (Unitar) a déclaré pouvoir "confirmer la destruction du bâtiment principal du temple de Bêl ainsi que celle d'une rangée de colonnes qui le jouxte", après avoir comparé des images satellite avant et après l'explosion.

Sur une image datée du 27 août, une structure rectangulaire entourée de colonnes est clairement visible, alors que sur un autre cliché pris lundi, on ne distingue plus que quelques colonnes, en bordure du site.

Dimanche, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) avait annoncé que l'EI avait détruit à l'explosif une partie du temple consacré au dieu Baal. Un militant anti-régime de Palmyre , Mohammed Hassan al-Homsi, avait lui aussi fait état de la destruction partielle du temple. "Ils ont utilisé des récipients et des barils remplis d'explosifs, préparés d'avance."

Dans un communiqué publié lundi soir, le porte-parole de l'Onu Stéphane Dujarric a fermement condamné "la destruction injustifiée d'un site d'une valeur inestimable pour notre patrimoine mondial commun".

Bêl, une semaine après Baalshamin

le 23 août, l'EI avait totalement détruit à l'explosif le temple de Baalshamin abattant la cella (partie close du temple) tandis que les colonnes autour s'étaient effondrées. Quelques jours plus tard, les jihadistes diffusaient une vidéo montrant le temple réduit à un amas de gravas. Ce n'est pas le seul crime commis par les jihadistes dans cette ville.

Le 18 août, ils avaient mutilé le corps de l'ex-patron des Antiquités de Palmyre Khaled al-Assad, âgé de 82 ans, après l'avoir exécuté puis pendu à un poteau. Longuement torturé, le vieil homme avait refusé de leur révéler le lieu où avaient cachés des trésors antiques.
Détail du temple de Bêl, à Palmyre

Détail du temple de Bêl, à Palmyre

© Manuel Cohen / AFP


Le plus beau temple au Moyen-Orient avec Baalbeck              

"La cour est immense car elle fait 43.000 m2 et le personnel des services des Antiquités n'a pas été autorisé par les jihadistes à approcher", a-t-il ajouté. Le temple de Bêl était le plus impressionnant bâtiment de Palmyre. "Il allie de manière unique l'art oriental et l'art gréco- romain. Il  possède encore tous la attributs du temple antique l'autel, le bassin les colonnes. Avec Baalbeck au Liban, c'est le plus beau temple du Moyen-Orient", notait il y a peu Maamoun Abdelkarim.

Il a fallu plus d'un siècle pour le construire puisque son érection commence en 32 et se termine au second siècle.

Le site de Palmyre, situé dans la province de Homs dans le centre du pays en guerre, est classé au patrimoine de l'Humanité par l'Unesco, qui considérait aussi le temple de Bêl, dédié au dieu du même nom, comme "un des plus importants monuments religieux du Ier siècle en Orient par sa conception unique". Celui-ci étaat aussi un des monuments les mieux conservés, et le plus impressionnant, de la cité antique.

Palmyre accueillait des millers de touristes avant la guerre 

Palmyre, qui accueillait avant la guerre 150.000 touristes  par an, a été conquise en mai par  l'EI qui a déjà détruit plusieurs joyaux archéologiques en Irak, pays voisin de la Syrie.
 
Le 23 août, ces jihadistes qui occupent de vastes régions du pays plongé dans la guerre civile, ont détruit le temple de Baalshamin, le sanctuaire le plus important du site de Palmyre après celui de Bêl  selon le musée du Louvre à Paris. Ils considèrent les oeuvres religieuses préislamiques, notamment les statues, comme de l'idôlatrie.

La France a condamné cette nouvelle destruction commise par l'EI. "Daech (acronyme en arabe de l'EI) persiste dans sa volonté criminelle d'anéantir la diversité culturelle plurimillénaire du Moyen-Orient", a déclaré le porte-parole du Quai Romain Nadal, "La France est plus que jamais déterminée, avec tous ses partenaires internationaux, à lutter contre ce groupe terroriste", a-t-il ajouté.