Architectes, artisans, bénévoles : rencontre avec les gardiens du patrimoine

Par @Culturebox Rédacteur en chef adjoint de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 13/09/2016 à 16H26
Le château de Chambord fait l'objet d'une restauration permanente

Le château de Chambord fait l'objet d'une restauration permanente

© France2/culturebox

Ce week-end 17.000 sites partout en France vont accueillir des milliers de visiteurs pour les Journées du patrimoine 2016. Tout au long de l'année ces trésors font l'objet d'une attention particulière. Réhabilitation, reconstruction, restauration ; derrière les mots il y a des hommes et des femmes, souvent passionnés, qui se font les gardiens du patrimoine.

La France est riche d'un patrimoine immense qu'il faut bien entretenir. Pour cela, artisans, architectes, bénévoles interviennent à longueur d'année sur des milliers de sites. Le feuilleton du 13 heures de France 2 cette semaine nous montre l'envers du décor, ces hommes et ces femmes qui travaillent à l'entretien et à l'embellissement d'un patrimoine qui attire chaque année des milliers de visiteurs, français et étrangers.

Un feuilleton signé : F. Faure / P.Auger / M.Laporte

Episode 1

Le premier épisode du feuilleton nous emmène au pied des tours de la banlieue parisienne à la découverte d'un héritage méconnu. Il faut pousser un portail métallique très fatigué puis se faufiler au milieu d'arbres et de plantes. Et soudain un mur symbole d'un patrimoine rural unique en son genre : le mur à pêches. Il tient son nom de pêchers qui sont littéralement accrochés à lui. Le mur en pierre emmagasine la chaleur et protège ainsi les fleurs du pêcher et lui permet d'offrir de magnifiques pêches.

Ce mur est un vestige d'une idée un peu folle qui date du 17e siècle : "Faire pousser en région parisienne des arbres fruitiers le long des murs et ainsi alimenter la capitale". L'idée n'a pas survécu au 20e siècle. Les murs sont tombés à l'abandon. 

C'était sans compter sur l'action de jeunes bénévoles venus souvent de loin (Ukraine, Russie, Maroc) mais aussi de l'Hexagone pour reconstruire ces murs chargés d'histoire. Et ils sont unanimes à dire leur passion pour cette entreprise qu'ils ont un mois pour mener à bien. 

Dans le même temps, de l'autre côté de Paris, un architecte et un sculpteur se sont donnés rendez-vous au pied de la basilique Saint-Denis. Seize siècles après la pose de la première pierre, ils doivent installer un nouvel autel dans la basilique. Ils doivent capter la lumière dans le choeur et illuminer la crypte du 8e siècle cachée sous l'autel. Tout doit être prêt pour Noël.

Episode 2

Direction le château de Chambord qui fait l'objet d'une restauration permanente. Les travaux d'entretien des tours sont une affaire de famille. Franck et son fils Alexis ont la charge de remplacer les pierres usées. 80 tonnes de calcaire sont nécessaires. Cette année, 700 blocs taillés à la main vont remplacer les parties usées. Un chantier unique par son ampleur.

A 170 km de Chambord le parc à l'anglaise planté par Châteaubriand au début du 19e siècle sur 12 hectares fait l'objet d'une grande attention. Philippe, le jardinier en chef initie son apprenti à la conservation de ce patrimoine végétal classé depuis 1939. 

En Bourgogne, la maison de Colette fait revivre le village de Saint-Sauveur-en-Puisaye. Il a fallu six mois pour restaurer la maison de l'écrivaine qui va accueillir des réceptions et donner un coup de fouet à l'économie locale.

Episode 3

Petit matin à Saint-Sauveur-en-Puisaye. Dans la maison de Colette restaurée, le papier peint a été recréé à l'identique 125 ans après. Les meubles d'origines ont été recherchés longuement puis rachetés à des particuliers, parfois dans le village même.

Dans le parc de Chateaubriand, un arbre unique au monde a été couché par une tempête. Il est préservé.

L'activité autour du mur aux pêches bat de plus belle. Les jeunes bénévoles découvrent la réalité d'un chantier.

A Chambord, Franck et  Alexis posent un bloc d'angle de 150 kilos à 40 mètres de haut. Une opération très délicate.

Episode 4

A Chambord, Franck et Alexis ont beaucoup de difficultés à insérer le bloc de calcaire de 150 kilos dans la tour en rénovation. Ils y parviennent avec de la patience et du métier transmis de père en fils, de collègue en collègue.

Dans le parc de Chateaubriand une parcelle est laissée délibérément à l'état naturel. Il y a beaucoup d'orties qui accueillent beaucoup de... papillons. Le parc est toujours imprégné de l'esprit du grand écrivain.

Jacques Moulin, l'architecte des bâtiments de France passe beaucoup de temps entre son cabinet et sa voiture. Il se rend à Chartres où il a rendez-vous avec un maître verrier et un sculpteur. Dans l'ateleir du verrier, on invente sans cesse de nouvelles techniques.

Ainsi le sculpteur et le verrier travaillent main dans la main pour donner du relief à un vitrail avec une technique très particulière. Une façon de mettre dans le patrimoine une pointe de 21e siècle.

Episode 5

A Saint-Sauveur-en-Puisaye, dans la maison de Colette, tout a été reconstruit à l'identique, même la cuisine. En visitant la demeure de l'écrivaine, les habitants du village se remémorent l'histoire des métiers disparus ou en voie de disparition. Pour la restauration du jardin, les nombreux documents iconographiques à disposition, comme une photo de Colette dans le jardin, ont été très utiles.

Dans l'abbaye médiévale de Provins, les vitraux voulus par l'architecte Jacques Moulin et réalisés par un maître verrier et un sculpteur sont en place et font leur effet.

Du côté de Montreuil, le mur à pêches est bientôt achevé. Les jeunes bénévoles sont fiers eux aussi. Le jeune étudiant russe Ivan a le mot de la fin qui symbolise cette mobilisation des gardiens du patrimoine : 

Je suis heureux de voir que ce que je fais ce n'est pas pour, un jour, une semaine, une année c'est pour plusieurs années... peut-être plusieurs siècles. C'est incroyable de le savoir