Le "Taj Mahal" de Courbevoie a ouvert ses portes pour les Journées du patrimoine

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 13/09/2013 à 10H30
Le pavillon des Indes © Lionel Bonaventure/AFP

C'est l'un des trésors des Journées européennes du patrimoine. Après 135 ans, le pavillon des Indes à Courbevoie aussi appelé le "Taj Mahal du 92", va rouvrir ses portes au public pour les Journées du patrimoine ce week-end.

Reportage : M. Vial
Orné de coupoles inspirées des palais de maharajah, le Pavillon des Indes trône au-dessus de la Seine, sa façade rouge hématite en bois détonnant au milieu de mornes barres d'immeubles. Entièrement rénové par la commune, le monument haut de 13m va s'ouvrir au public dès octobre et accueillir une jeune sculptrice en résidence.

"On est très fier, on veut que ça devienne un emblème de la ville", dit Gilles Marcellin, directeur général adjoint de la culture à la municipalité. "Courbevoie c'est aussi une ville qui a une âme et qui doit pouvoir l'exprimer, même si on est une ville de petite couronne avec toutes les problématiques de la forte proximité avec Paris", ajoute-t-il.

Pavillon de l'exposition universelle de 1878
Commande du prince de Galles, futur roi Edouard VII, après un voyage de huit mois dans le joyau du Raj britannique, le Pavillon des Indes a été érigé sur le Champ de Mars pour l'exposition universelle de 1878, en plein siècle de la colonisation et de l'orientalisme. Après les festivités, la construction fut démantelée et vendue en pièces détachées à des particuliers.

Cette façade fut acquise par le prince Stirbey, gendre d'un ministre des Finances de Napoléon III, qui la fit remonter en 1880 à l'entrée du parc de Bécon en l'adossant à une structure en briques. Avec le pavillon Suède-Norvège, installé de l'autre côté des jardins, l'aristocrate roumain en fit des ateliers de peinture pour ses belles-filles. L'autre moitié du pavillon des Indes, identique à celle de Courbevoie, fut installée dans le quartier de Paramé à Saint-Malo où une tempête la détruisit dans les années 1920.

Passé dans le giron de la ville en 1951 et malgré un classement aux monuments historiques en 1987, le pavillon des Indes tombait en déliquescence depuis plusieurs décennies, ses couleurs exotiques rincées par les eaux et les années.

"Tout était affaissé"  
"C'est un bâtiment qui a été construit pour durer quelques mois, abrité dans une galerie. L'enjeu était de retrouver un bâtiment qui a vécu 100 ans, en plein air, et qui est soumis à toutes les intempéries", explique Gilles Marcellin.

À l'intérieur de la structure, une armée d'artisans spécialisés en restauration s'affaire. Au premier étage, devant la grande baie vitrée embrassant Paris, la marqueterie achève d'être époussetée. "C'était prêt à s'effondrer. Encore quelques années et c'était au sol. Les bulbes étaient enfoncés, ici tout était affaissé", montre Didier Letainturier en apposant les dernières finitions de peinture et de dorure au rez-de-chaussée.

Le coût de la rénovation s'élève à 2,5 millions d'euros, dont 1,2 millions apportés par Courbevoie. "Les gens aujourd'hui ont besoin de se rappeler du passé, surtout quand on en est fier", déclare à l'AFP Jacques Kossowski, député-maire UMP de Courbevoie, qui souhaite valoriser le patrimoine historique d'une ville souvent assimilée au béton de son quartier d'affaires.

Résidence d'artistes
Le Pavillon des Indes devait être inauguré officiellement vendredi, en présence de l'ambassadeur d'Inde en France, avant d'accueillir les foules samedi et dimanche pour les Journées du patrimoine. Par la suite, le monument sera ouvert au public un week-end par mois ainsi qu'aux groupes scolaires. Tous les dix-huit mois, le lieu accueillera un nouveau sculpteur en résidence qui pourra y vivre et exposer ses oeuvres.