Italie : le gouvernement assure prendre soin de Pompei mais la presse ironise

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 04/03/2014 à 18H37
Le mur d'une échoppe antique de Pompei s'est écroulé après de fortes pluies (3 mars 2014)

Le mur d'une échoppe antique de Pompei s'est écroulé après de fortes pluies (3 mars 2014)

© Salvatore La Porta / AP / SIPA

Le ministère italien de la Culture, nommé il y a une semaine à peine, a assuré mardi avoir pris des mesures efficaces pour améliorer l’entretien et accélérer la rénovation du site archéologique de Pompei, où des effondrements se sont produits ces derniers jours.

Une réunion d'archéologues, administrateurs et spécialistes a permis de "débloquer beaucoup de mesures qui permettront de faire fonctionner la machine", a indiqué le ministre Dario Franceschini dans une lettre au commissaire européen Johannes Hahn, en qualifiant la rencontre de "très utile".  Le commissaire "peut être certain que l'Etat italien prend soin de Pompéi, aussi bien pour les mesures d'urgence que sur le long terme", a-t-il dit.
 
Le ministre avait convoqué la réunion après la découverte de pans de murs écroulés ce week-end sur le site, classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco depuis 1997. Ce sont des pans de murs du Temple de Vénus, d’une tombe et d’une boutique qui se sont effondrés, à la suite de fortes pluies.
 
La responsable de Pompei va prendre ses fonctions mercredi
Parmi les mesures adoptées, "deux millions d'euros" vont être prélevés sur les fonds ordinaires du budget de la surintendance archéologique de Pompéi, Herculanum et Stabies (sud) pour des "travaux d'entretien ordinaire", a précisé le ministère.

En outre, le professeur Massimo Osanna, dont la désignation comme surintendante du site traînait dans l’attente d’une validation administrative, prendra ses fonctions "dès demain" mercredi.
 
Les fonds d’un précédent plan d’aide n’ont jamais été dépensés
Pendant ce temps-là, la presse italienne ironise, alors que les dégâts de ces derniers jours ne sont pas les premiers. Depuis trois ans, Pompéi a été le théâtre de nombreux incidents comme la  chute d'un pilier d'une pergola extérieure de la maison de Loreius Tiburtinus en décembre 2011, précédée par de spectaculaires effondrements de pans de murs  dans la Maison des Gladiateurs et celle du Moraliste. En septembre 2012, c'est une poutre de soutien du toit en tuiles qui avait cédé dans la fameuse Villa des Mystères.
 
Or, selon le Corriere della Sera paru mardi, sur les 105 millions d'euros, dont quelque 40 millions apportés par l'Union européenne, d'un plan d'aide lancé en 2011 pour assurer l'entretien et la restauration du site, seuls 588.000 euros ont été dépensés, soit "0,56% des fonds".
 
La "Grande Bruttezza" de Pompei
Les journaux italiens font le parallèle entre "la Grande Bellezza" (la Grande Beauté) d'une Rome de carte postale montrée par le film de Paolo Sorrentino qui a remporté l'Oscar du meilleur film étranger et la "Grande Bruttezza" (la Grande Laideur) de la capitale, très délabrée par endroits, ainsi que de Pompéi, deux fleurons du tourisme italien en danger.
 
De son côté, le président de la commission nationale italienne auprès de l’Unesco, Giovanni Puglisi, cité dans La Repubblica, a lancé un cri d’alarme : "Il n’y a plus de temps à perdre (…), il faut un plan d’intervention extraordinaire qui mette en sécurité toute la zone de Pompei du point de vue géologique et géo-hydrique. Si ces terrains ne sont pas bien drainés, il est clair que Pompei tout entier va s’écrouler".
 
Le secteur de la culture a été l'un des plus touchés par les plans d'austérité à répétition. Le budget est prévu de nouveau en baisse à 1,4 milliard d'euros en 2014 après 1,5 milliards l'année précédente.
 
Pompéi, ensevelie sous les cendres par l'éruption du Vésuve le 24 août 79, constitue l'ensemble le mieux conservé d'une ville de l'époque romaine.