Irak : les jihadistes s'attaquent à la cité antique de Hatra

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 09/03/2015 à 15H24
Le palais royal du site antique de Hatra en Irak, photographié en 2003.

Le palais royal du site antique de Hatra en Irak, photographié en 2003.

Les jihadistes du groupe Etat islamique se sont attaqués samedi matin à la ville fortifiée de Hatra, aux vestiges vieux de deux mille ans, jusque là particulièrement bien conservés.

Selon le ministère irakien des Antiquités et du Tourisme, "un habitant du secteur aurait entendu, venant du site, une puissante explosion", rapporte Le Monde lundi. D’autres témoins parlent de destructions, notamment au bulldozer, et de pillages.

'Nous n’avons pas plus de détails", précise au quotidien Fareed Yasseen, ambassadeur d’Irak en France." Il faudrait trouver un moyen de sécuriser le site dans l’immédiat.' 

Hatra, cité parthe fortifiée

Hatra, où des vestiges spectaculaires (1er siècle avant J.-C et 1er siècle après J.-C)  s'étalent sur 324 hectares, fut le premier site irakien à être inscrit, en 1985, sur la Liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, au titre des biens culturels à valeur universelle.

Il s'agit d'une ville fortifiée particulièrement bien conservée, située dans la province de Ninive (nord), à 110 km au sud-ouest de Mossoul.

Construite durant le règne des Parthes, elle mêle des architectures orientales et occidentales. "Ses temples où l'architecture grecque et romaine se combine avec des éléments de décor d'origine orientale, témoignant de la grandeur de sa civilisation", affirme l'Unesco.

'La destruction de Hatra marque un tournant dans l’effroyable stratégie de nettoyage culturel en cours en Irak", s’inquiète la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova.

Bagdad réclame de l'aide, l'armée américaine demande de la patience

L'Irak a demandé ce week-end l'aide de la communauté internationale pour protéger son patrimoine archéologique menacé par les jihadistes. Le ministre irakien du Tourisme et des Antiquités Adel Fahd al-Cherchab a réclamé des frappes aériennes de la coalition contre l'EI après les attaques successives contre la bibliothèque de Mossoul puis contre la cité mésopotamienne de Nimroud, fondée au 13e siècle avant l'ère chrétienne. Une destruction considérée comme un "crime de guerre" par l'Unesco.

L'armée américaine a répondu dimanche soir ne pas prévoir d'accélérer les raids aériens contre les jihadistes en Irak. "Larguer un tapis de bombes sur l'Irak n'est pas la solution", a déclaré le général Martin Dempsey. Plus haut gradé américain, il a plaidé au contraire pour une  "patience stratégique" dans la lutte que livre la coalition menée par les Etats-Unis au groupe EI en Irak et en Syrie.