Irak : les forces progouvernementales reprennent le site antique de Hatra

Par @Culturebox
Publié le 26/04/2017 à 20H01
Image d'archives du site antique de Hatra, inscrit au patrimoine de l'Unesco, à 110 km au sud-ouest de Mossoul, en Irak. Ici en juin 2013

Image d'archives du site antique de Hatra, inscrit au patrimoine de l'Unesco, à 110 km au sud-ouest de Mossoul, en Irak. Ici en juin 2013

© Landov / MaxPPP

Des forces progouvernementales irakiennes ont annoncé mercredi avoir repris au groupe Etat islamique (EI) le site antique de Hatra classé au patrimoine mondial de l'Unesco, dernière "libération" en date d'un joyau archéologique des mains des jihadistes.

Le Hachd al-Chaabi (Mobilisation populaire) a libéré le site antique de Hatra (...) après de violents combats avec l'ennemi", ont indiqué dans un communiqué ces forces paramilitaires dominées par des milices chiites. Elles avaient lancé leur offensive mardi à l'aube et ont depuis repris au groupe jihadiste sunnite cinq villages et le site antique, au sud-ouest de Mossoul.
 
Les forces progouvernementales cherchent désormais à s'emparer de la localité de Hatra, située à proximité du site antique.
 
Située dans une région désertique, la cité de Hatra construite au IIe ou IIIe siècle avant J.-C. était un important centre religieux et commercial sous l'empire perse des Parthes. Elle était dotée d'imposantes fortifications et abritait de magnifiques temples, associant l'architecture occidentale et orientale.
Un homme de l'organisation Etat islamique s'attaque au marteau à une sculpture sur un mur de la cité antique de Hatra, en Irak (image tirée d'une vidéo de l'EI postée sur YouTube le 3 avril 2015 et authentifiée par l'agence AP).

Un homme de l'organisation Etat islamique s'attaque au marteau à une sculpture sur un mur de la cité antique de Hatra, en Irak (image tirée d'une vidéo de l'EI postée sur YouTube le 3 avril 2015 et authentifiée par l'agence AP).

© AP / SIPA


4000 sites archéologiques ont été sous la coupe de l'organisation EI

A l'apogée du "califat" proclamé en 2014 par l'EI en Irak et en Syrie, plus de 4000 sites archéologiques irakiens étaient sous la coupe des ultraradicaux sunnites.
 
Les jihadistes, qui considèrent les statues humaines ou animales comme des signes d'idolâtrie, se sont aussi livrés à des destructions sur plusieurs sites archéologiques dans les territoires conquis dans ces deux pays, quand ils ne pratiquaient pas le trafic d'antiquités pour financer leurs activités.
 
L'organisation jihadiste avait publié une vidéo montrant ses combattants détruire à Hatra les sculptures des murs d'un bâtiment, leur tirer dessus et s'attaquer à une statue avec une pioche.

Les dégâts "plus importants que redouté", selon l'Unesco

Depuis plusieurs mois, la reconquête progressive de vastes pans de territoire par les forces irakiennes, avec l'aide d'une coalition internationale, permet de découvrir l'étendue des dégâts, "plus importants que redouté", selon l'Unesco.
 
Pour la seule région de Mossoul, dans le nord du pays, "au moins 66 sites archéologiques ont été détruits, certains ont été transformés en parkings, des lieux de culte musulmans et chrétiens ont subi des destructions massives, des milliers de manuscrits ont disparu", avait témoigné le vice-ministre irakien de la Culture, Qaïs Rachid, lors d'une conférence organisée en février par l'Unesco à Paris.
 
En novembre, un mois après le lancement de l'offensive sur Mossoul, deuxième ville d'Irak, les forces irakiennes ont repris à l'EI le site de Nimrod, joyau de l'empire assyrien fondé au XIIIe siècle et détruit par les jihadistes au bulldozer, à la pioche et à l'explosif.    

Le musée de Mossoul dévasté

Puis en mars, avec l'avancée des troupes gouvernementales à Mossoul-Ouest, celles-ci ont remis la main sur le musée de Mossoul, dévasté. Deuxième plus important du pays, ce musée abritait des objets inestimables de la période assyrienne ainsi que de l'ère hellénistique, datant de plusieurs siècles avant l'ère chrétienne.
 
En Syrie voisine, le groupe extrémiste a détruit à Palmyre les plus beaux temples, ainsi que plusieurs des célèbres tours funéraires. Il a occupé la ville à deux reprises avant qu'elle soit reprise par les forces du régime le 2 mars 2017