Irak : des images satellite confirment la destruction de temples par l'EI

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 09/06/2016 à 12H33
Images satellite de l'UNITAR prouvant la destriction des temples par l'EI

Images satellite de l'UNITAR prouvant la destriction des temples par l'EI

© UNITAR / AFP

Des images satellite confirment la destruction du temple de Nabû, vieux de 2.800 ans, sur l'ancien site assyrien de Nimroud dans le nord de l'Irak, dont le groupe Etat islamique (EI) a revendiqué l'explosion, a affirmé l'ONU mercredi.

L'Institut des Nations unies pour la formation et la recherche (UNITAR) a affirmé avoir analysé des images satellite collectées le 3 juin au-dessus de ce site. "En comparant avec des images du 12 janvier 2016, nous observons des destructions importantes de l'entrée principale du temple de Nabû", a dit l'agence onusienne, fournissant les deux séries d'images. L'EI avait affirmé mi-mai avoir détruit le temple vieux de 2.800 ans, dédié au dieu mésopotamien de la sagesse et de l'écriture.
Le sanctuaire de Nabû, Irak

Le sanctuaire de Nabû, Irak

© Manuel Cohen / MCOHEN
Les jihadites avaient publié une vidéo censée montrer leurs dernières attaques contre le patrimoine irakien, avec un plan sur un panneau d'information près de ce temple suivi d'une forte explosion. Nimroud, joyau de l'empire assyrien fondé au XIIIe siècle, est situé le long du Tigre à une trentaine de kilomètres au sud-est de Mossoul, deuxième ville d'Irak devenue le principal bastion de l'EI.

La date de destruction du temple reste inconnue

L'UNITAR souligne que Nemroud figurait sur "la liste des sites pouvant prétendre au classement au Patrimoine mondial de l'Unesco". La date de la destruction du temple de Nabû reste inconnue. La vidéo de l'EI montre aussi des bulldozers rasant les portes historiques de Mashki et Nergal de l'ancienne ville de Ninive, près de Mossoul.

Mais Christopher Jones, un archéologue spécialiste de l'empire néo-assyrien, souligne que le groupe jihadiste avait déjà publié des photos montrant la destruction de la porte de Mashki, affirmant l'avoir rasée au bulldozer le 10 avril. Et concernant la porte Nergal, des combattants de l'EI avaient déjà détruit au burin le visage humain d'un imposant taureau ailé en granit, figure divine protectrice, qui l'encadrait dès février. "Cela laisse penser que l'EI est retournée détruire des objets qu'il avait déjà en partie détruits, afin de fournir de nouvelles vidéos", met-il en garde dans son blog mercredi.

L'EI, qui considère les statues humaines ou animales comme de l'idolâtrie, a aussi amputé Palmyre de ses plus beaux temples et a utilisé l'amphithéâtre de la cité antique pour des exécutions publiques, avant d'en être chassé par les troupes du régime syrien en mars.