Un réfugié syrien rejoint les fouilles archéologiques de Tautavel

Par @Culturebox
Publié le 14/08/2017 à 18H25
Firas Jabbour dans la Caune de l'Aragor à Tautavel

Firas Jabbour dans la Caune de l'Aragor à Tautavel

© France 3 / Culturebox

Firas Jabbour a quitté sa Syrie sur un bateau comme nombre d'autres réfugiés. Etudiant en archéologie, il participe depuis le 1er août aux fouilles de La Caune de l'Arago de Tautavel consacrées à l'Homo Erectus et l'Homo-Sapiens. A la fin du mois, il retournera terminer ses études en Allemagne avant de rejoindre la Syrie pour sauver son patrimoine.

Il n'avait plus touché un seul outil depuis 2011 et les débuts de la guerre civile en Syrie. Depuis, Firas Jabbour renoue à 31 ans, avec sa passion pour la fouille archéologique. Avec à la clé, quelques découvertes intéressantes. "Dès que j'ai pris ces outils, j'ai pu sentir l'odeur de la poussière, c'était magnifique confie-t-il. Je peux vous dessiner de tête ce que j'ai découvert". 

Reportage France 3 Languedoc-Roussillon P. Georget / A. Sabatier / S. Jeanneau

Sauvé par son rêve

Comme beaucoup, c'est sur un bateau qu'il a fui la Syrie. Assailli par des moments de doute sur sa modeste embarcation, c'est son rêve de faire partie d'une équipe de recherches à Tautavel qui l'a gardé motivé. Vincenzo Celiberti, enseignant chercheur à l'Université de Perpignan et au Centre Européen de Recherche Préhistorique à Tautavel, ne cache pas sa joie de compter Firas dans son équipe. 
Une quarantaine de bénévole travaillent ici depuis mi-mai. 

Une quarantaine de bénévole travaillent ici depuis mi-mai. 

© France 3 / Culturebox
Le jeune chercheur mesure aujourd'hui la chance qu'il a de pouvoir atteindre son rêve. Cependant, il reste très marqué par son périple de la Syrie jusqu'en Europe. 

Une mère m'a donné son enfant parce qu'elle avait peur de mourir avec lui. Je ne sais pas nager mais j'avais à le garder dans mes bras. Ce n'était pas facile. Je lui ai rendu quand on est arrivé. Elle l'a pris contre elle et a beaucoup pleuré. Je n'oublierai jamais ce moment.

Firas Jabbour

Son projet futur : reconstruire la Syrie

Aujourd'hui, Firas emmagasine un maximum de connaissances dans la Caune de l'Arago. A la fin du mois, il retourna en Allemagne où il pourra reprendre ses études en archéologie : un doctorat sur les relations entre les outils du paléolithique et les comportements humains. Alors, il pourra retourner en Syrie avec la volonté de restaurer le patrimoine et l'identité de son pays.