Quatre héros de la Résistance entrent au Panthéon

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 27/05/2015 à 17H14
Le président François Hollande prononce un discours d'hommage à Pierre Brossolette, Geneviève Anthonioz-De Gaulle, Germaine Tillion et Jean Zay au Panthéon (27 mai 2015)

Le président François Hollande prononce un discours d'hommage à Pierre Brossolette, Geneviève Anthonioz-De Gaulle, Germaine Tillion et Jean Zay au Panthéon (27 mai 2015)

© Thomas Padilla / MAXPPP

Héros de la Résistance, ils symbolisent les valeurs de la République: Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette, Germaine Tillion et Jean Zay ont fait ce mercredi leur entrée au Panthéon, où François Hollande vient de leur rendre un hommage solennel, appelant au "devoir de vigilance" face à "l'indifférence, l'ennemi contemporain".

Déroulé de la cérémonie

A 17h20, leurs cercueils, portés par des gardes républicains, ont fait leur entrée sur le parvis de ce temple républicain avec, dans leur sillage, un cortège de 144 proches, résistants, responsables associatifs, lycéens, étudiants...

Les quatre dépouilles étaient arrivées dès mardi après-midi dans la cour de la Sorbonne voisine pour un hommage de parlementaires, des armées ou encore du Barreau de Paris qui s'est prolongé jusqu'à mercredi.
   
A 17H30, le chef de l'Etat a prononcé un discours d'une quarantaine de minutes pour célébrer ces personnalités qui "ont porté haut les valeurs de la République", ponctué par la Marseillaise. Puis les portes du Panthéon se sont ouvertes pour l'entrée des cercueils au son du "Chant des partisans".

Ouvrant la séance des questions au gouvernement, le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone (PS), a rendu hommage aux quatre "panthéonisés" et tout particulièrement à Jean Zay qui fut député radical, avant que l'hémicycle tout entier se lève pour applaudir.
   

L'hommage de François Hollande 

Dans son allocution, François Hollande s'est attaché à raviver le souvenir de ces résistants pour souligner "ce qui les rassemble, l'esprit de résistance, précisément, le courage et la transmission de leurs valeurs par leurs discours et la trace qu'ils ont laissée dans l'Histoire".

A travers ces personnalités "très différentes par leurs origines, leurs parcours, leur histoire et leur postérité" mais "inséparables par ce qu'elles ont traversé et leur dévouement pour la Nation et pour la République", il a exalté les valeurs républicaines.

Son discours, "manifeste pour l'avenir", a été "tourné vers l'espérance, la jeunesse et l'engagement civique", avec aussi quelques "transcriptions contemporaines" pour évoquer l'Irak, la Syrie ou le 11 janvier.

Le président est revenu sur l'assassinat par la Milice de Jean Zay, une des quatre figures de la Résistance entrées mercredi au Panthéon. "Il rassemblait sur lui les haines dont Vichy s'était emparée: haine du protestant, haine du juif, parce qu'il était par ses origines familiales les deux à la fois. Haine du franc-maçon et du libre penseur. Haine du Front populaire, haine de la Ligue des droits de l'Homme, haine de la démocratie", a rappelé M. Hollande.

"70 ans plus tard, ces haines reviennent. Avec d'autres figures, dans d'autres circonstances, mais avec toujours les mêmes mots", a mis en garde le président de la République. "Elles frappent des journalistes, des juifs, des policiers, toujours des innocents", a-t-il ajouté, en allusion aux attentats de janvier à Paris contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes.

"C'est pour conjurer cette résurgence funeste que les Français se sont levés le 11 janvier. Parce qu'ils n'ont jamais peur de défendre la liberté", a fait valoir M. Hollande.


Quatre femmes désormais au Panthéon

Le Panthéon, dont le fronton proclame la devise "Aux grands Hommes la patrie reconnaissante", n'accueillait jusqu'ici que deux femmes sur 71 personnalités, la physicienne Marie Curie, Prix Nobel de physique puis de chimie, et Sophie Berthelot, qui n'y repose toutefois qu'en sa qualité d'épouse du chimiste Marcellin Berthelot.

Deux autres femmes les rejoignent donc, le président Hollande ayant innové par sa décision d'y faire transférer simultanément les cendres de quatre personnalités selon une parité très symbolique.

Cinquante ans plus tôt, le 19 décembre 1964, un autre grand résistant faisait son entrée au Panthéon, Jean Moulin, accueilli par le discours historique d'André Malraux ("Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège...").

A l'exception de Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing, tous les prédécesseurs de François Hollande sous la Ve République ont usé de cette prérogative présidentielle: choisir et accompagner de grandes figures républicaines sous l'immense coupole, au coeur du Quartier Latin.

Une collection de webdocumentaires sur la Résistance locale en France 

Pour poursuivre l'exploration de la Résistance en France, "Les Résistances" est une collection de 8 web-documentaires, co-produite par France 3 Régions et centrée sur l’histoire de la Résistance locale : portraits, témoignages et récit des actions de plus de 240 résistants de toutes les régions françaises.
Collection « Les Résistances » : http://lesresistances.france3.fr