Le Crazy Horse Memorial, la réponse amérindienne au Mont Rushmore

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 07/09/2016 à 11H43
La tête de Crazy Horse par le sculpteur Korczak Ziółkowski

La tête de Crazy Horse par le sculpteur Korczak Ziółkowski

© France 2 / Culturebox

Une immense statue du chef sioux Crazy Horse, sculptée dans la roche de la Thunderhead Mountain est en cours de création depuis 1948, dans le Dakota du Sud à 14 km du fameux Mont Rushmore. C'est une réponse à ce monument construit en pleine terre sacrée des Sioux-Lakota que le sculpteur américain Korczak Ziółkowski a initié, en liaison avec certains Amérindiens et que poursuivent ses enfants.

C'est un chantier titanesque. En 1948, le sculpteur américain d'origine polonaise Korczak Ziółkowski, en liaison avec certains membres de la tribu des Sioux-Lakotas, entreprend de sculpter dans la pierre des Black Hills une immense représentation du chef Crazy Horse (1840 environ-1877). Dans l'esprit de ses concepteurs, il s'agit d'une réponse monumentale à l'affront qu'a été pour tout le peuple autochtone d'Amérique la sculpture du Mont Rushmore.

A 14 kilomètres de là, les visages de quatre présidents américains, George Washington, Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt et Abraham Lincoln défient en effet le temps et l'Histoire. Ils ont été sculptés entre 1927 et 1941, sans aucun respect pour le caractère sacré que toute la zone revêt aux yeux des Sioux Lakotas. 

Korczak Ziółkowski est mort en 1982 et ses enfants continuent son oeuvre. Seul le visage de Crazy Horse est aujourd'hui sorti de la pierre. Restent à sculpter le corps du chef (le bras tendu et l'index accusateur) ainsi que son cheval. Au final, dans une cinquantaine d'années, sa taille devrait largement dépasser celle des quatre occupants de la Maison-Blanche.

Reportage : V. Astruc / L. Desbois / B. Bremer, /A. Monange / F. Ortiz

Polémique

Pourtant cette réponse "amérindienne" à l'outrage du Mont Rushmore est loin de faire l'unanimité parmi les descendants de Crazy Horse et des premiers occupants. Non seulement Crazy Horse, de son vivant, avait refusé de se laisser photographier (il a poussé le secret jusqu'à exiger que ne soit jamais dévoilé le lieu de son inhumation), mais aux yeux d'Amérindiens très respectueux des coutumes ancestrales, sculpter la roche d'un lieu sacré pour répondre au Mont Rushmore revient à ajouter un sacrilège à un autre. La statue de Korczak Ziółkowski ne respecterait pas non plus la gestuelle des Amérindiens qui ne désignent jamais du doigt mais utilisent plutôt le visage (le menton ou les lèvres) pour le faire.

Centre culturel et éducatif

La réalisation du Crazy Horse Memorial n'a reçu aucuns subsides publics, les Améridiens s'y refusant ainsi que le sculpteur. Le chantier n'est financé que par la visite des touristes, les revenus de spectacles traditionnels et des dons privés. Une fois terminé, le mémorial devrait être le point de départ d'un grand centre culturel et éducatif destiné à la formation, notamment, de médecins amérindiens.