"Trop tôt pour mourir", le destin mêlé des deux premiers morts de la Grande guerre

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 19/09/2014 à 16H53
Maxime Pacaud et Philippe Hurlet, les deux comédiens qui interprètent le lieutenant Mayer et le caporal Peugeot

Maxime Pacaud et Philippe Hurlet, les deux comédiens qui interprètent le lieutenant Mayer et le caporal Peugeot

© France 3 Culturebox

"Trop tôt pour mourir", c’est le titre de la nouvelle pièce de théâtre du metteur en scène strasbourgeois Lionel Courtot. Présentée au PréO à Oberhausbergen du 19 au 21 septembre, elle raconte l'histoire vraie des deux premiers morts français et allemands de la Première guerre mondiale, le caporal Peugeot et le lieutenant Mayer, protagonistes involontaires d'un conflit qui les dépasse.

Reportage : A. Bucur / G. Bertrand / L. Guigues
Ce n’est pas la première fois que Lionel Courtot et l’Atelier du Premier Acte abordent la thématique des rapports franco-allemands. " Le Champ de l’oubli " mettait en scène un village français sous l’Occupation, tandis que "Le Traité, célébration de l’amitié franco-allemande" évoquait la réconciliation à travers le Traité de l’Elysée signé le 22 janvier 1963 entre de Gaulle et le chancelier Adenauer.

" Trop tôt pour mourir " se focalise cette fois sur la Grande Guerre (la pièce a d’ailleurs reçu le label du Centenaire de la Première Guerre mondiale) en essayant de réfléchir aux causes du conflit et à l’état d’esprit de la population juste avant le début des hostilités.
 
Une histoire vraie, aujourd'hui méconnue

Lionel Courtot s’est inspiré pour cela d’une histoire vraie.  Au début du mois d’août 1914, la mobilisation vient d’être ordonnée mais la France tente d’éviter le conflit. Elle fait reculer ses troupes 10 km en arrière de la frontière. Le 1er août,  le caporal Jules André Peugeot, jeune instituteur Franc-Comtois, établit avec son régiment un poste de surveillance à Joncherey dans le Territoire de Belfort. Le lendemain, le lieutenant Camille Mayer reçoit l’ordre de passer la frontière et de partir en éclaireur avec une patrouille de quelques cavaliers. Malgré les sommations du caporal Peugeot, il tire sur ce dernier qui s’effondre. Mayer est lui aussi tué par les balles françaises quelques mètres plus loin.
 
Cet événement, méconnu aujourd’hui du grand public, fit grand bruit à l’époque, créant une mobilisation nationale et internationale autour de la création d’un monument à la mémoire du caporal Peugeot,  monument qui sera inauguré en 1922 par Raymond Poincaré (ce monument sera détruit en 1940 par les troupes allemandes et reconstruit en 1959). A l’époque, on a considéré ce drame comme un assassinat et non comme un fait de guerre puisqu’il avait été perpétré plus de trente heures avant la déclaration de guerre officielle.
affiche "Trop tôt pour mourir" © DR
"Trop tôt pour mourir" par la Cie L'Atelier du premier Acte, une pièce écrite et mise en scène par Lionel Courtot au PréO à Oberhausbergen - les 19 (20h30), 20 (20h30) et 21 septembre (17h) puis au Théâtre de Montbéliard les 10 et 17 octobre