Des Poilus au visage de verre

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 18/03/2014 à 17H43
De curieux visages de Poilus sur les vitraux de Saint-Préaux-du-Perche © France 2

A Saint-Préaux-du-Perche (Orne), d’étranges vitraux évoquent les combats dans les tranchées. Alors qu’ils sont en phase de restauration, un historien s’est attaché à mettre un nom sur les 18 visages représentés…

Reportage : P.Le Mat, V.Roussel, M.Lesouef
Comme souvent, tout est arrivé par hasard. Il y a quatre ans, en ouvrant la porte de l’église Saint-Germain, l’historien et journaliste Patrick Bard ne s’attendait pas à découvrir ce trésor historique : des vitraux évoquant les combats de la guerre de 14. Des scènes reconstituant avec réalisme la vie des tranchées ou les derniers instants de soldats aux visages parfaitement identifiables même si aucun nom ne précisait de qui il s’agissait.
Des vitraux très colorés © France 2
Qu’importe puisque il y avait aussi à proximité une liste de 18 noms de Poilus accompagnés de leurs portraits peints au format photo d’identité.
Très dégradés, les vitraux sont en cours de restauration.
Mais pour Patrick Bard, c’était une mine et le point de départ d’une belle histoire. Il allait s’attacher à retracer le parcours de ces 18 « enfants du pays » comme l’on disait alors. Leur nom était sur le monument aux morts, ils avaient désormais un visage.
Une étonnante précision... © France 2
Au cours de son enquête, Patrick Bard s’est en particulier attaché à retracer les derniers moments de Jules Ferré, mort d’épuisement deux jours après l’armistice donc le 13 novembre 1918.
De recherches en recherches, il a même retrouvé la petite-nièce du soldat Ferré. Elle lui a ouvert sa malle aux souvenirs personnelle avec lettres à sa famille et récits de combats. Le soldat Ferré n’était pas un combattant convaincu. Tuer des Allemands a été une épreuve difficile qu’il a relaté dans un courrier.
Des Poilus à l'uniforme dépareillé © France 2
Ferré Jules n’était au fond qu’un soldat, un Poilu parmi des centaines de milliers d’autres qui, sans comprendre le sens de cette tuerie,  n’attendait qu’une chose, la fin de la guerre "pour s’occuper, enfin, des moissons".