30 ans après le verdict, Lyon commémore la condamnation de Klaus Barbie

Par @Culturebox
Mis à jour le 04/07/2017 à 20H44, publié le 04/07/2017 à 20H12
Klaus Barbie, lors de son arrivée au Palais de Justice de Lyon, le 13 mai 1987

Klaus Barbie, lors de son arrivée au Palais de Justice de Lyon, le 13 mai 1987

© AFP PHOTO / AFP

Ambiance lourde ce lundi 3 juillet devant la Cour d'assises de Lyon. Les témoignages des victimes de Klaus Barbie ont résonné sur la place et hanté les lieux. Une cérémonie a été organisée par les autorités judiciaires de la ville pour marquer l'anniversaire de ce procès qui a marqué l'Histoire. C'était il y a 30 ans : commémoration pleine d'émotion de la condamnation du "boucher de Lyon".

Un musicien, des illuminations sur l'emblématique Palais des 24 colonnes et les témoignages des victimes du "Boucher de Lyon", diffusés à l'intérieur et à l'extérieur du palais de justice. Des passants s'arrêtent et écoutent, quelques minutes, médusés par ces paroles.

C'était il y a 30 ans, le 3 mai 1987. Pour la première fois en France, un homme a été reconnu coupable de "crimes contre l'Humanité", à l'issue d'un procès historique qui dura huit semaines. 

Reportage : France 3 Rhône-Alpes / S. Cozzolino / L. Crozat / C. Jauseau / A. Gavin

Ouverture des archives du procès

Klaus Barbie, chef de la Gestapo à Lyon pendant la Seconde Guerre Mondiale, a été reconnu coupable de 17 crimes contre l'Humanité par la Cour d'assises du Rhône, dont la rafle des enfants d'Izieu en 1944 et l'organisation d'un convoi entre Lyon et Auschwitz et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Il est mort 4 ans plus tard en prison. Son procès a été parmi les rares a être filmé en intégralité pour les archives judiciaires. Les ministres de la Justice et de la Culture ont d'ailleurs annoncé ce même jour-anniversaire, l'ouverture des archives du procès. Cette décision doit "permettre de progresser dans la connaissance de ce procès aussi retentissant qu'emblématique", de "favoriser toujours davantage le travail de mémoire" et de "lutter contre le révisionnisme et l'oubli", selon un communiqué.

Le procès a initié l'ouverture du Centre d'Histoire, de la Résistance et de la Déportation

A Lyon, dans les locaux où le "Boucher de Lyon" avait installé son QG lorsqu'il dirigeait la Gestapo, se tient depuis 1992 un musée et lieu de mémoire unique, le CHRD, Centre d'Histoire, de la Résistance et de la Déportation. Et c'est le procès de Klaus Barbie qui a précipité la création d'un établissement municipal dédié à la Seconde Guerre Mondiale. La diffusion de certains extraits du procès est d'ailleurs, depuis 25 ans, le moment fort de la visite. 

Une série d'événements pour marquer cet anniversaire

Pour commémorer le 30ème anniversaire de ce procès, plusieurs expositions sont à découvrir. A commencer par celle qui se tient jusqu'au 15 octobre prochain au Mémorial de la Shoah de Paris et qui présente de nombreux documents inédits. En région lyonnaise, plusieurs manifestations et expositions sont prévues jusqu'au printemps prochain. A noter celle du Mémorial Montluc, ancienne prison où Barbie fit enfermer et torturer de nombreuses personnes dont Jean Moulin. A la rentrée, une exposition sur la fuite et la traque de Klaus Barbie sera présentée.