1870, une guerre "oubliée" au cœur d’une exposition au Musée de l'Armée

Par @Culturebox
Mis à jour le 08/06/2017 à 11H59, publié le 06/06/2017 à 12H20
"Les Dernières cartouches" d'Alphonse de Neuville (1873,) l'une des toiles exposées au Musée de l'Armée.

"Les Dernières cartouches" d'Alphonse de Neuville (1873,) l'une des toiles exposées au Musée de l'Armée.

© RMN-Grand Palais / Hervé Lewandowski

Dans l’ombre de 14/18 et de 39/45, la guerre de 1870 qui opposa la France à la Prusse fait figure de grande oubliée. Le conflit eut pourtant des conséquences très importantes aussi bien en matière de politique intérieure (la Commune) qu’au niveau international. Jusqu’au 30 juillet, le Musée de l’Armée à Paris propose un éclairage inédit sur cette guerre fondatrice de l’Europe d’aujourd’hui.

Reportage : D.Wolfromm  / Y.Bodin / O.Dumont / B.Said Ali
Savez-vous pourquoi le quartier d’affaires parisien s’appelle la Défense ? Et connaissez-vous l’origine du Lion qui domine la place Denfert-Rochereau ? Ce sont les vestiges d’une guerre oubliée : la guerre franco-prussienne de 1870. Le conflit éclate à l’été 1870. Poussée dans ses retranchements par le rusé Bismarck, la France déclare la guerre à la Prusse le 19 juillet. Sur le papier, l’armée impériale est supérieure, mais une succession d’erreurs stratégiques et de problèmes logistiques vont renverser la tendance. En janvier 1871, la France est contrainte de demander l’armistice. Dans la bataille elle aura perdu 120 000 hommes (130 000 côté allemand) et cédé l’Alsace et la Lorraine. 

Une guerre aux conséquences multiples

A bien des égards, la guerre de 1870 a profondément et durablement modifié le climat politique et diplomatique européen. Côté français, elle aura coûté son trône à Napoléon III qui par sa capitulation entraîne la chute du Second empire et la proclamation de la République, le 4 septembre 1870. La reddition provoque également la frustration du peuple parisien qui lui, n’a pas cédé aux assauts prussiens. Le 18 mars 1871, une insurrection marque le début de la Commune, écrasée dans le sang à la fin du mois de mai de cette même année.

Dans le camp allemand, la victoire sur la France marque le début d’un Etat uni, un empire dont la proclamation sera faite dans la Galerie des glaces du Château de Versailles, le 18 janvier 1871.

Un rappel de l’Histoire

Des traces physiques de ces événements historiques sont visibles aujourd’hui encore dans les capitales françaises et allemandes. La célèbre Siegessäule de Berlin, ou colonne de la Victoire, le lion qui rappelle la vaillance du colonel Denfert-Rochereau sur la place du même nom à Paris ou encore la Défense qui tire son nom d’une sculpture de Barrias qui célébrait le départ des troupes françaises au combat. 1870 a laissé des traces. Des traces que le Musée de l’Armée a souhaité mettre en lumière à travers son exposition "France Allemagne(s) 1870-1871".  Objets, littérature, peinture et même photographies d’époque racontent le conflit vu des deux côtés du champ de bataille. Un point de vue qui éclaire encore aujourd’hui, les relations franco-allemandes au cœur de la construction européenne.