Grotte Chauvet : le prix du "mobilier" fixé à 100.000 euros par la justice

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 31/10/2012 à 20H05
Accès et entrée de la grotte Chauvet (8/11/2004)

Accès et entrée de la grotte Chauvet (8/11/2004)

© Stéphane Marc / PQR / Le Dauphiné Libéré

Le tribunal de grande instance de Paris a fixé mercredi à 100.000 euros, à partager par moitiés, l'indemnité que l'Etat devra verser aux découvreurs de la grotte Chauvet (Ardèche) et aux anciens propriétaires du terrain pour le "mobilier" qui s'y trouve.

Située dans les gorges de l'Ardèche, à Vallon-Pont d'Arc, la grotte Chauvet -la plus ancienne datée à ce jour- a été découverte en décembre 1994 par trois spéléologues ardéchois, Jean-Marie Chauvet, Eliette Brunel et Christian Hillaire, et abrite des peintures rupestres âgées de 25.000 à 37.000 ans. Occupée par des ours des cavernes, puis alternativement par des animaux et des hommes, elle abrite de nombreux vestiges archéologiques et os d'animaux.

Pour les demandeurs, ces objets ont une valeur exceptionnelle dès lors qu'ils proviennent de la grotte Chauvet. Ils citent en particulier un crâne d'ours posé sur un rocher, dont la valeur marchande, au même titre qu'une installation réalisée par un artiste, doit, selon eux, être appréciée selon les modalités et proportions du marché de l'art. Mais le tribunal a rejeté cet argument.

"Un juste équilibre" des droits, pour le TGI
Dans son jugement, la 1ère chambre civile du Tribunal de grande instance de Paris souligne ainsi : "S'agissant de biens appartenant à un patrimoine historique culturel d'une valeur exceptionnelle pour l'humanité, il convient de trouver un juste équilibre entre les droits personnels des demandeurs à l'indemnisation, inventeurs et propriétaires, et les exigences de la protection des biens en cause."

Pour les propriétaires du terrain, qui ont été expropriés, les objets contenus dans la grotte valent 1,5 millions d'euros, et pour les découvreurs, qui en revendiquent la propriété, 2,3 millions d'euros.

Dans son rapport du 22 mars 2010, contesté par les demandeurs, l'experte évaluait à 58.500 euros l'ensemble du mobilier de la grotte Chauvet. "Plus l'Etat a des intérêts à acquérir un bien, moins la valeur pour celui qui est dépossédé est importante", a observé Me Marc Sabatier, avocat des découvreurs. Pour lui, les "50.000 euros" alloués à ses clients alors que la France proposera l'inscription du site au patrimoine mondial de l'Unesco, "ça fait désordre..."