Génocide arménien : l'expo "Nous sommes l'avenir" retrace le drame des orphelins

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 16/04/2015 à 16H08
L'une des photos de l'exposition consacrée aux orphelins arméniens

L'une des photos de l'exposition consacrée aux orphelins arméniens

© France 3 / Culturebox

L'ancien musée de peinture de Grenoble accueille jusqu'au 3 mai 2015, une émouvante exposition intitulée "Nous sommes l'avenir". Un siècle après la perpétration du génocide arménien, elle évoque le drame des orphelins abandonnés, adoptés et traités en esclave par des familles kurdes, arabes ou turques. Ils furent parfois rachetés par la diaspora arménienne soucieuse de leur rendre leur identité.

C'est un drame dans le drame. Lorsqu'en 1915 les Turcs, secondés par les Kurdes, commettent un génocide sur la population arménienne présente dans ce qui était alors l'Empire Ottoman, les exactions de masse laissent derrière elles un cortège d'orphelins. Bébés, enfants, moins souvent adolescents, souvent des jeunes filles, ils sont adoptés par des familles turques, kurdes ou arabes. Loin de leur donner une chance, ces familles les traitaient en esclaves. Nombre de jeunes filles arméniennes ont alors subi des viols donnant naissance à des enfants.

L'histoire de ces orphelins fait l'objet de l'exposition présentée à Grenoble. Errants, méprisés, battus et violentés, certains d'entre eux furent récupérés à prix d'or auprès des familles tortionnaires par des associations arméniennes soutenues par des organisations internationales afin de reconstruire ce peuple quasiment anéanti. Les photographies sont particulièrement impressionnantes.

Reportage : J-Ch Pain / A. Massait-Salamanca / E. Kibireva
Un génocide qui a inspiré les nazis

Sur deux millions d'Arméniens qui vivaient dans l'Empire, les trois-quarts ont été massacrés. Un siècle après ces meurtres de masse, le pape François vient d'en reconnaître le caractère génocidaire. Le gouvernement turc refuse toujours de reconnaître la volonté du gouvernement des Jeunes Turcs d'éradiquer le peuple arménien et chasse tout usage le mot "génocide". Le sujet reste si polémique qu'à quelques jours du 24 avril 2015, date du centenaire du déclenchement des atrocités, un monument en hommage aux victimes du génocide arménien a été profané sur une des plus grandes places de Lyon. Afin de comprendre l'importance de cet événement qui a inspiré les nazis pour la réalisation de la "solution finale" et le replacer dans son contexte historique, voici un rappel des faits avec D.Wolfromm, J-M Lequertier et A. Cohen.
L'affiche de l'exposition "Nous sommes l'avenir"

L'affiche de l'exposition "Nous sommes l'avenir"

© DR
"Nous sommes l'avenir" 
Jusqu'au 3 mai 2015 
Ancien musée de peinture
Grenoble (Isère)


Après Grenoble, l'exposition sera présentée du 9 au 18 octobre 2015 à Romans (Drôme) puis du 16 au 28 novembre à Lyon. 
Commissaire de l’exposition : Antoine Bédrossian
Conseiller scientifique : Vahé Tachjian, docteur en Histoire
Conseillère technique : Laure Piaton