G7 Culture : l'Italie propose de former des "Casques bleus de la Culture" pour défendre le patrimoine mondial

Par @Culturebox
Mis à jour le 30/03/2017 à 15H05, publié le 30/03/2017 à 10H23
Florence le 27 mars 2017. Sur la "Piazza de la Signoria", l'une des principales de la ville toscane, a été érigée à l'occasion de l'ouverture du G7 de la culture, la reproduction de l'Arc de Triomphe de Palmyre détruit par l'EI en 2015.

Florence le 27 mars 2017. Sur la "Piazza de la Signoria", l'une des principales de la ville toscane, a été érigée à l'occasion de l'ouverture du G7 de la culture, la reproduction de l'Arc de Triomphe de Palmyre détruit par l'EI en 2015.

© Maurizio Degl' Innocenti/AP/SIPA

La ville de Florence accueille aujourd'hui et demain, 30 et 31 mars, le premier G7 de la culture : une initiative voulue par l'Italie qui compte ainsi affirmer un rôle de premier plan en matière de défense du patrimoine mondial. Dans le cadre de ces rencontres, l'Italie a proposé de former une armée de "Casques bleus de la Culture", une mesure déjà mise en place à l'échelle du pays.

Dans le cadre du G7 de la Culture à Florence, en Italie, Fabrizio Parrulli, commandant des premiers "Casques bleus de la culture" italiens, a déclaré être prêt à former d'autres unités pour courir au secours du patrimoine mondial menacé par les conflits et les catastrophes naturelles.

Premier du genre, le G7 de la culture donne aussi le coup d'envoi d'une série de G7 thématiques (environnement, transports, économie, santé...) en marge du G7 des chefs d'Etat et de gouvernement qui se tiendra les 26 et 27 mai à Taormina, en Sicile.

Diplomatie culturelle

Pendant deux jours, les ministres de la Culture des sept pays les plus riches de la planète sont réunis dans la cité toscane autour du thème de la "culture comme instrument de dialogue entre les peuples". "L'Italie cherche à transformer cette force en action au plan international pour faire entrer la notion de diplomatie culturelle à l'agenda des nations", a commenté le ministre Dario Franceschini.

Le chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni, doit ouvrir officiellement ce G7 en fin d'après-midi. Dario Franceschini a souligné que les travaux de préparation de ce sommet  devraient déboucher sur un document final pérennisant les G7 de la culture. "L'attention de l'opinion publique sur la sauvegarde du patrimoine a augmenté à la suite d'événements traumatisants comme la destruction du site de Palmyre par l'organisation Etat Islamique" (EI), a expliqué le ministre italien. 

Une réponse aux agissements de l'EI

L'organisation jihadiste "a voulu faire de Palmyre un instrument de propagande en filmant d'abord sa destruction puis en cherchant à vendre sur le marché du trafic de biens culturels les biens provenant de ce site", a-t-il ajouté. Palmyre, site classé au Patrimoine mondial de l'Unesco, a été occupée par  l'EI de mai 2015 à mars 2016 puis reprise par l'armée syrienne avant de retomber aux mains des jihadistes en décembre puis d'être repris par le régime  début mars. Le groupe jihadiste y a détruit les plus beaux temples, des tours funéraires ainsi qu'un grand nombre d'oeuvres d'art.

C'est d'ailleurs cette vague de destructions qui avait conduit l'Italie à lancer l'idée en 2015 d'une force d'intervention internationale, sorte de "casques bleus de la culture", dédiée à la défense du patrimoine menacé par les  conflits ou les catastrophes naturelles. L'idée est devenue réalité en février 2016 avec la création par l'Italie et  l'Unesco de la première "task force" composée d'une soixantaine d'experts susceptibles d'intervenir partout dans le monde.