Feuilleton : la résurrection de l'Hermione, navire de la flotte de Louis XVI

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 22/10/2012 à 16H53
L'Hermione.

L'Hermione.

© MaxPPP

C'est en Charente-Maritime, à Rochefort, que fût construite en 1778 l'Hermione, navire de guerre de sa Majesté Louis XVI, qui prit part à la fameuse bataille de Chesapeak, pendant la guerre d'Indépendance des Etats-Unis. Plus de deux-cent ans plus tard, quelques amoureux de la marine du XVIIIe siècle ont décidé de recréer ce bateau à l'identique, dans une cale de l'ancien arsenal de la ville.

C'est en 1997 que le projet est lancé. Mais il faudra encore deux ans avant que la nouvelle version de l'Hermione prenne la mer. Ce sont plus de 3000 pieds de chêne et un énorme travail de recherches et de reconstitution qui ont été nécessaires à la fabrication de la copie conforme de cette glorieuse embarcation, qui permit à Lafayette de traverser l'Atlantique pour annoncer le soutien de la France aux Américains en quête d'Indépendance. 

Sortie indemne de la bataille de Chesapeak, l'Hermione s'échoua finalement en 1793 sur des récifs au large du Croisic, suite à une fausse manoeuvre de l'équipage. 

Gilles Marinet pour le 13h de France 2, nous entraine dans les coulisses de cette résurrection des plus ambitieuses.


Et c'est ici le plus long chantier de l'histoire de la marine qui touche bientôt à sa fin. Pour expliquer ces 15 ans de travail, face aux quelques mois qu'aurait pris la construction d'un bateau identique à l'époque, il faut savoir que dans le passé les moyens n'était pas les mêmes : argent, main-d'oeuvre, réserves de bois et de métal étaient alors dédiées par le roi à ce genre d'entreprise. Or aujourd'hui, c'est seulement une équipe d'une quinzaine de charpentiers, ébénistes, forgerons et gréeurs, dont certains bénévoles, qui se sont attelés à ce projet fou.

34 tonnes de métal, réparties parmi les milliers de pièces qui composent le navire, ont également été nécessaires à la construction de l'Hermione. Le forgeron qui les a réalisées a travaillé en étroite collaboration avec l'équipe de l'Hermione, afin de comprendre les nécessités et agréments que demande ce genre d'ouvrage, au vocabulaire complexe.  

Et il était bien temps de s'atteler à la tâche la plus la plus complexe de cette aventure : poser le premier mât. C'est un gréeur suédois qui s'en charge, et pour cette manoeuvre, exceptionnellement, une technique moderne est utilisée, puisque c'est une grue qui portera l'énorme pièce de bois jusqu'à son emplacement dans la coque de l'Hermione. Ensuite, il faudra encore protéger tout le cordage avec du fil goudronné, avant de l'arrimer à la coque et aux autres mâts qui prendront place sur le bateau.  

Cette entreprise gigantesque a évidemment un coût, et ce sont déjà 23 millionsd'euros qui ont été dépensés pour la construction de l'Hermione depuis 1995. Cet argent, l'association le reçoit des collectivités locales, des adhésions de ses 7000 membres, mais également des visites payantes organisées sur le chantier du navire. Déjà 3 millions de personnes sont venues observer l'avancement du navire, et découvrir la vie des marins de l'époque sur une telle frégate, pas toujours très amusante.

Ces visites représentent 60% du budget du chantier mais cela est insuffisant, puisqu'il faut encore que l'association recueille un million d'euros, avant de se lancer dans un fabuleux préiple de traversée de l'Atlantique à bord de l'Hermione. Et pour pallier ce manque, elle compte bien sur ses partenaires américains, touchés de près par l'histoire de l'Hermione d'origine. 

L'Hermione sort de sa cale. Le bâteau sans voile et sans mât plonge doucement dans la Charente, à Rochefort. 60 000 personnes sont venues admirer la prouesse technique et le travail méticuleux des petites mains. Le bateau d'aujourd'hui a été créé pour être en conformité avec les obligations portuaires. Un moteur a été installé, car il est interdit de rentrer dans les ports à la voile. Avant d'affronter la mer, il reste plus d'un an de travaux.  

L'Hermione appareillera pour l'Amérique en avril 2015. Une aventure à suivre sur Culturebox !