Préhistoire : des traces de l'Homo sapiens dans le sud tunisien il y a près de 100.000 ans

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 15/09/2016 à 18H39
L'oasis de Nefta, non loin de la zone fouillée par l'équipe tuniso-britannique.

L'oasis de Nefta, non loin de la zone fouillée par l'équipe tuniso-britannique.

© Hervé Gyssels / Photononstop

Une découverte importante a été réalisée par une équipe de chercheurs tunisiens et britanniques dans le sud tunisien. Des pièces attestant de la présence dans cette région de l'Homo sapiens, l'homme moderne, il y a près de 100.000 ans ont été mises au jour, a-t-on appris jeudi 15 septembre.

Cette découverte pourrait aider à mieux cerner la mobilité de l'Homo sapiens, apparu il y a 200.000 ans en Afrique de l'Est et qui se serait aventuré au-delà de ce continent aux alentours de 65.000 ans avant notre ère, selon des estimations scientifiques communément admises.

Datations par thermoluminescence

Effectuées durant une année et demie près de Tozeur, aux confins du sud-ouest tunisien, les fouilles ont permis d'identifier un site "prometteur" de 6.000 m2, a déclaré à l'AFP Nabil Guesmi, co-responsable du projet avec l'Institut tunisien du patrimoine (INP) et des chercheurs d'Oxford. "Nous avons trouvé des ossements témoignant de la présence d'une faune typique de la savane (rhinocéros, zèbres...), et donc d'eau douce", explique Nabil Guesmi, enseignant-chercheur à l'université de Sousse (dans l'Est du pays).

D'autres pièces dont des outils constitués de silex, généralement utilisé  pour la chasse par l'homme moderne, ont également été découverts sur ce site et "attestent de la présence de l'Homo sapiens", a ajouté le chercheur tunisien. Selon Nabil Guesmi, le recours à la datation par thermoluminescence, une technique scientifique communément utilisée pour dater des objets de la Préhistoire, a en outre permis de conclure que certaines de ces découvertes  remontaient à "92.000 ans avant notre ère".

Le plus ancien site tunisien où la présence d'Homo sapiens est attestée

Il s'agit d'une "première" pour l'Atérien, une culture présente en Afrique du Nord dont il était jusque-là admis qu'elle ne s'étirait pas au-delà de  65.000 ans avant JC. Cette période a été définie il y a près d'un siècle par un préhistorien français dans le cadre de ses travaux en Afrique du nord. Le nom de cette culture provient du site de Bir el-Ater, en Algérie.

La zone fouillée par l'équipe tuniso-britannique est comprise entre l'oasis tunisienne de Nefta et la frontière algérienne. Les pièces découvertes en font le plus ancien site tunisien où la présence de l'homme moderne est attestée. En Afrique du nord, les plus anciens restes humains ont été trouvés au Maroc, à Témara (nord-ouest), il y a quelque 160.000 ans. D'après l'INP, le site de Nefta est susceptible de fournir des indications sur l'une des "voies de passage" empruntée par l'Homo sapiens dans la région. "On peut imaginer aller plus loin car le site est relativement vaste", a de son côté noté Nabil Guesmi.