Des pièces archéologiques syriennes et libyennes confisquées à Genève

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 02/12/2016 à 17H44
Bas-reliefs funéraires datés du IVe au IIIe siècle après  Jésus-Christ.

Bas-reliefs funéraires datés du IVe au IIIe siècle après  Jésus-Christ.

© HANDOUT / OFFICE OF THE ATTORNEY GENERAL OF THE CANTON OF GENEVA / AFP

Des objets archéologiques en provenance de Palmyre (Syrie), du Yémen et de Libye, stockés dans les Ports francs de Genève, ont été mis sous séquestre par la justice du canton de Genève. Les Ports francs sont des entrepôts qui permettent de conserver toutes sortes d'objets, sans payer de droits de douane ni de TVA.

Les objets confisqués ont été entreposés entre 2009 et 2010, et un contrôle douanier en avril 2013 "a fait apparaître un soupçon de provenance illégale", a expliqué le ministère public genevois.

Les autorités de la culture à Berne, contactées par les douanes début 2015, ont mandaté un expert, qui a confirmé l'authenticité de ces biens, et une procédure pénale a été ouverte en février dernier.

Les objets mis sous séquestre sont notamment une tête d'Aphrodite et deux bas-reliefs funéraires. Ils peuvent être datés du IVe au IIIe siècle après Jésus-Christ.
Tête de prêtre coiffé d'une tiare datés du IVe au IIIe siècle après JC

Tête de prêtre coiffé d'une tiare datés du IVe au IIIe siècle après JC

© HANDOUT / OFFICE OF THE ATTORNEY GENERAL OF THE CANTON OF GENEVA / AFP
Trois vestiges proviennent de Palmyre, qui abrite les ruines monumentales d'une cité qui fut l'un des foyers culturels majeurs du monde antique. Ce site syrien est inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco. Cinq objets proviennent du Yémen et reflètent l'histoire culturelle de la Péninsule arabe méridionale. Enfin, la tête d'Aphrodite provient de Libye et caractérise l'hellénisation  de l'Afrique du Nord

La plupart des biens ont été expédiés vers la Suisse à partir du Qatar, et l'un à partir des Émirats arabes unis. Selon le ministère public genevois, l'enquête a montré que ces biens provenaient de pillages.

Dans l'attente de leur restitution aux Etats d'où ils proviennent, ils doivent être confiés au Musée d'art et d'histoire de Genève, pour être à terme exposés au public.