Datong, quand la Chine fait reculer la pollution pour sauver son patrimoine

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 19/06/2015 à 16H46
L'un des grands Bouddhas de Datong

L'un des grands Bouddhas de Datong

© France 2 / Culturebox

La Chine prendrait-elle conscience des ravages de la pollution ? Datong, l'une des villes dont l'environnement est le plus menacé se trouve abriter l'un des joyaux du patrimoine du pays. Un sanctuaire aux influences bouddhistes bien sûr mais aussi hindouistes et chrétiennes. Des usines ont été fermées, la circulation des camions détournée pour protéger les statues déjà fortement endommagées.

La Chine est l'un des pays les plus pollués du monde et Datong l'une des villes les plus polluées de la Chine. Cette cité de la province du Shanxi compte plus de trois millions cinq cent mille habitants. Ce qui est est assez modeste à l'échelle de ce pays-continent. Datong est l'un des centres énergétiques de l'empire du milieu. Au coeur d'une région riche en mines de charbon, c'est de son sous- sol qu'est extraite une grande partie du coke qui chauffe la mégapole de Pékin à quelque 350 kilomètres de là.
 
Mais ce qui fait l'autre richesse de Dantong se trouve à une quinzaine de kilomètres du centre. les Grottes de Yungyang. Pas moins de cinquante et un mille statues bouddhique, mais aussi d'influence hindouistes et même chrétiennes sont installées dans les 252 grottes artificielles qui furent creusées par l'homme il y a 1500 ans. L'une des grottes abrite un immense bouddha de pierre d'une auteur de 17 mètres.

Reportage : A. de Chalvron / S. Giaume / J. Chang / Y. Han

Des statues qui se délitent
Pourtant la proximité entre cette merveille patrimoniale et l'industrie minière s'est révélée très dommageable. Les statues de délitaient peu à peu, quasiment dissoutes par les pluies acides, gorgées de la pollution issue de l'exploitation charbonnière et du chauffage. La Chine est assez peu sensibles aux efforts pour l'environnement et nombreux sont encore ses citoyens qui meurent encore prématurément des conséquences de la pollution sur leur santé. Mais pour une fois, des décisions ont été prises en faveur de la protection de ce patrimoine. La circulation qui mettait en danger les statues à cause des vibrations provoquée par les camions a été détournée de plusieurs kilomètres et des exploitations minières ont été fermées. Et comme en Chine il suffit d'une décision administrative pour changer la vie de milliers de personnes, plusieurs villages ont été expropriés et leurs populations priées d'aller voir ailleurs. La préservation, davantage que la restauration, des oeuvres a donc été entreprise pour éviter que les statues doient irrémédiablement perdues. La plus grande partie d'entre elles n'est d'ailleurs pas accessible à la visite.