Château des Ducs de Bretagne : voyage au coeur de l'histoire nantaise

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 26/04/2013 à 15H17
Le château des Ducs de Bretagne à Nantes abrite le musée de la ville.

Le château des Ducs de Bretagne à Nantes abrite le musée de la ville.

© CHRISTOPHE LEHENAFF / PHOTONONSTOP

Nantes. Dans le coeur médiéval de la ville trône triomphalement le château des Ducs de Bretagne, comme un symbole. Classé monument historique depuis 1840, il abrite un musée de ville qui relate l'histoire de Nantes de l'époque gallo-romaine à nos jours, en passant par l'hégémonie des Ducs de Bretagne. Après 15 ans de restauration, le musée municipal a rouvert ses portes en 2007. Découverte.

Le château actuel, qui remplace le premier château ducal, a été construit sous le règne de François II de Bretagne, dernier duc de la Bretagne indépendante avant son annexion à la couronne de France en 1532. A l'origine conçue comme une forteresse défensive, le château va se transformer et devenir le logis breton des rois de France. La plus célèbre de ses locataires reste Anne de Bretagne, devenue reine de France par ses mariages successifs à Charles VIII et Louis XII. Elle y effectue des travaux d'embellissements marqués par les prémices de la Renaissance italienne.

Après moulte destructions, un incendie en 1670 et diverses adjonctions, ce château constitue un témoignage architectural épatant de l'évolution de Nantes à travers les siècles. Il est vendu à la ville en 1915 et présente en 1924 les premières collections d'un musée municipal consacré aux arts décoratifs. Vous l'aurez compris, c'est dans ce lieu unique et chargé d'histoire, après 15 ans de rénovation, que le musée de la ville de Nantes a ouvert ses portes en 2007. Voyage au coeur de l'Histoire.

Reportage de C. Dupeyrat, D. Le Floch, P. Coat  
Labélisé musée de France, le musée propose un véritable portrait de ville avec des axes thématiques. Vous pourrez découvrir l'Histoire de la Bretagne ducale, le développement urbain de la ville, son activité portuaire et le rôle de Nantes dans sa tristement célèbre participation à la traite négrière, l'histoire du château investi par les Allemands durant l'Occupation et une métropole nantaise résolument tournée vers l'avenir. 

Outre la part belle faite à l'hégémonie des ducs de Bretagne et les combats glorieux contre le royaume de France pour garder la Bretagne indépendante, le musée a tenu, dans une perspective historique, a montré les aspects sombres de la ville et de ses habitants.

La cité au coeur du commerce triangulaire

A travers divers objets, tableaux et gravures, elle présente notamment la ville comme une place forte du commerce triangulaire au XVIII et XIXe siècle. La traite des noirs, aujourd'hui considérée en France comme un crime contre l'humanité, n'a été abolie qu'en 1848. Malgré de nombreuses règlementations sur l'esclavage non respectées par la ville, Nantes est la dernière ville a arrêté le commerce triangulaire en 1831. Entre 1814 et 1831, au moins 50 000 Noirs sont transportés par des bateaux nantais ou commandités depuis Nantes, malgré les interdictions successives. Un commerce extrêment lucratif qui a contribué à enrichir la ville. 

Le coeur d'Anne de Bretagne

Le grand absent du musée, c'est le coeur d'Anne de Bretagne légué à la ville de Nantes à sa mort en 1514. Après être passé par de nombreux musées, ce coeur en or réhaussé d'émail ne se trouve plus à Nantes. Anne de Bretagne avait épousé Maximilien d’Autriche pour qui son cœur battait. Le mariage sera annulé et la duchesse sera mariée au roi de France Charles VIII pour assurer une union avec la France. A sa mort, le coeur d'Anne est transféré dans l'Eglise de Nantes, joyau parmis les joyau, qui représente pour les nantais le coeur symbolique de la ville. 

Une exposition temporaire est aussi à découvrir jusqu'au 23 février 2014 présentant Nantes et Saint-Nazaire pendant les deux guerres mondiales.

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