La ministre de la Culture maintient sa décision de ne protéger qu'une partie du site historique

Par @Culturebox
Mis à jour le 07/10/2017 à 14H49, publié le 07/10/2017 à 14H47
Le site de la Corderie à Marseille, juin 2017

Le site de la Corderie à Marseille, juin 2017

© CITIZENSIDE / Hugo Lara / Citizenside

La ministre de la Culture a visité samedi matin la carrière antique du site de la Corderie à Marseille. Françoise Nyssen a maintenu sa décision de ne protéger qu'une partie du site historique, au grand dam des riverains et associations.

"La position (de l'État) tient compte de la valeur scientifique qui est attribuée au lieu, sur ces 635 m2 qui préservent absolument la vision de ce site remarquable", a justifié la ministre. Mme Nyssen a parcouru cette carrière antique, mise au jour lors d'un chantier à deux pas du Vieux-Port. Elle a été en activité du Ve siècle avant JC - peu après l'arrivée des Phocéens à Marseille -  au Ier siècle après JC. 

Associations et riverains avaient multiplié les recours et manifestations devant le site cet été, pour empêcher Vinci Immobilier de construire une résidence de huit étages avec 109 logements, un projet soutenu par le maire LR Jean-Claude Gaudin. 

Face à la grogne, la ministre de la Culture Françoise Nyssen avait décidé de protéger une partie du site : 635 m2 - sur 6.500  m2 - qui seront classés Monument historique, et d'établir une servitude pour permettre au public d'y accéder en permanence, une décision jugée insuffisante par les défenseurs du site, qui estiment la surface préservée trop réduite. 

Face aux accusations de "collusion" entre les services de l'État et l'aménageur du site, la ministre s'est montré ferme : "le travail a été fait en toute indépendance", a-t-elle assuré. "On est dans un pays de droit, un permis de construire a été accordé, des recours ont été purgés. (...) La position du ministère de la Culture concerne les fouilles et la surface protégée", a-t-elle déclaré, soulignant que "la loi de décentralisation (...) prévoit que l'urbanisme est du ressort des collectivités locales". "J'ai demandé à la ville et à l'aménageur de se concerter sur un cahier des charges qui mettrait en place des notions de visibilité, d'accessibilité et de transmission" pour ce site historique.

Les opposants à l'immeuble ont fait part de leur déception après la réunion. "Elle n'a absolument rien lâché", s'est désolé Guy Coja, du collectif Laisse Béton, évoquant "un trait totalement arbitraire" entre la partie conservée et celle qui ne le sera pas. "On ne nous pas expliqué pourquoi la parcelle qui était de l'autre côté n'était pas intéressante", a-t-il déploré.