Brel, Breton, Pagnol, Van Gogh : balades en terres d'artistes

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 01/04/2016 à 19H11
La provence de Pagnol, le phare d'Ar Men, la plage de Knokke-LeZoute, le village de Saint Cirq Lapopie, les paysages ont toujours inspiré les créateurs et les artistes

La provence de Pagnol, le phare d'Ar Men, la plage de Knokke-LeZoute, le village de Saint Cirq Lapopie, les paysages ont toujours inspiré les créateurs et les artistes

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Cette semaine dans son feuilleton, France 2 propose de mettre en parallèle une vue et un artiste. Des plages de la mer du Nord de Knokke-Le-Zoute pour Jacques Brel, aux falaises de Saint-Cirq Lapopie dans le Lot pour André Breton en passant par la Provence de Marcel Pagnol, la nature et les paysages ont profondément inspiré les chanteurs, les poètes et

Toute la semaine la rédaction de France 2 revient sur ces paysages et ces terres qui ont inspiré les artistes. 

Episode 1 : Jacques Brel à Knokke-Le-Zoute (Reportage : V. Roussel / P. Auger / I. Palmer)
Knokke-Le-Zoute est la station chic de Belgique. À l'époque, il y a 50 ans, toutes les vedettes chantaient au casino : Sinatra, Piaf, Aznavour et Jacques Brel forcément. Ces côtes belges, le chanteur les a chantés des milliers de fois. "De 1930 à 1940, Brel est né en 29, toute la famille Brel et la famille Vanneste viennent ici passer toutes leurs vacances", explique Jean-Régis Masure, un admirateur. Les mélodies du chanteur belge résonnent encore sur ces plages. Dans les Hauts-de-France, des artistes s'en donnent à coeur joie. Jaques Brel délaissait parfois les plages belges pour les côtes françaises. Ses notes, ses mélodies, ses émotions étaient inspirées de sa vie, de ses rencontres et de cet endroit : les plages de la mer du Nord. "Ne me quitte", la célèbre chanson d'amour et de rupture aurait été composée sur cette plage à l'horizon infini. 

Episode 2 : André Breton à Saint Cirq Lapopie (Reportage : F. Faure / P. Auger / I. Tartakosky)
 Au fil de ses rencontres et de ses écrits, le poète André Breton devient "Citoyen du monde". C’est d’ailleurs ce qui le mènera jusqu’à Saint-Cirq Lapopie en juin 1950. Aux côtés de son ami, Robert Sarazac, il vient inaugurer à Cahors la première Route mondiale sans frontières. En découvrant ce village médiéval perché du Lot, l'écrivain éprouve un véritable coup de foudre. Il écrit à cet égard : "c'est au terme d'une promenade que Saint-Cirq m'est apparu comme une rose impossible dans la nuit. J'ai cessé de me désirer ailleurs". Il acquiert rapidement une maison où il vient se ressourcer chaque été jusqu'à sa mort en 1966.  Le lieu a accueilli tous les grands artistes du mouvement surréaliste réunis autour d'une lumière unique. 
La maison n'est pas encore ouverte aux touristes, mais François Vinel, la mémoire du village se souvient de ces moments magiques avec André Breton.

Episode 3 : Ar Men, le phare des enfers (Reportage : N. Tabouri / I. Tartakosky / J. Ababsa)
Situé au large de l'île de Sein (Finistère), le phare d'Ar Men trône sur son minuscule rocher depuis 1867. Surnommé par les marins le phare de l'enfer, il subit les tempêtes et les colères de l'océan Atlantique sans broncher. Jean-René Kéruzoré est chasseur de tempête. Estampillé caméraman maritime, il est passionné et subjugué par les vagues immenses qui fouettent le phare sans relâche. Chaque fois, le résultat est un émerveillement magique et somptueux.
Aujourd'hui, le phare d'Ar Men, comme beaucoup de ces édifices maritimes, est entièrement automatisé. Plus de gardien à l'année, seules les mouettes et les aventuriers osent encore s'en approcher. En 1990, Michel Le Ru quitte Ar Men après 4 ans dans sa tour de granit. Aujourd'hui il se souvient avec émotion de ces moments de gros temps. Et pour les habitants de la pointe du Raz, cette grande bougie demeure un repère dans l'horizon à perte de vue qui protège les hommes de la mer. 
De nombreux auteurs ont séjourné dans le phare. L'écrivain Jean-Pierre Abraham écrit à son retour d'Ar-Men :
"Lorsque j'ai quitté le pont de la Velléda, le va-et-vient n'a pas été viré assez vite et je suis passé longuement dans une vague, les matelots criaient. J'ai atterri dégoulinant sur le débarcadère. À travers mes lunettes brouillées d'eau je voyais les visages fantastiques de Clet et de Martin, parfaitement livides. L'eau est moins froide qu'on l'imagine. Nous avons éclaté de rire tous les trois."
 

Episode 4 : Marcel Pagnol le provencal (Reportage : A. Bouleis, A. Lepinay, b. jourdan, h. henriol)
Lorsque l'on évoque le nom Marcel Pagnol, des souvenirs en noir et blanc surgissent, des coups de gueule tonitruants à l'accent méridional refont surface, les cigales se remettent à chanter immédiatement, car la personnalité de Pagnol est intimement liée à la Provence et à ses paysages de rocaille. 
C'est à travers ces collines désertiques que le petit Marcel a trouvé toute son inspiration et ses envie de devenir cinéaste. 
Jospeh Damiani est guide de randonnée et connait ce massif de 8 000 hectares comme sa poche. "C'est grand pour des jambes d'enfant, mais c'est petit pour la notoriété du lieu puisque Marcel Pagnol a fait connaitre ce territoire dans le monde entier", explique le passionné.
Ces collines de Provence, Marcel Pagnol en a fait son Hollywood provençal. C'est là qu'il va tourner ses plus grands succès. "Angèle", "Cigalon", "Regain". Il fait ainsi connaître Fernandel et surtout il invente le tournage en décor naturel.
Comme le village d'Aubignane, un faux village entièrement reconstitué. Les décors en pierre sont encore debout 80 ans après. La visite du guide s'arrête au cimetière de la Treille. Enterrée au pied des collines, la mémoire de Marcel Pagnol imprègne aujourd'hui encore ces paysages qui l'ont tant inspiré.
Sur le tournage, le réalisateur avait toujours le dernier mot et réussissait même à faire taire les cigales grâce à des masses !

Episode 5 : Vincent Van Gogh à Auvers-sur-Oise
 Vincent Van Gogh a passé 70 jours à Auvers-sur-Oise, ce village du Vexin (Val-d'Oise).70 jours qui ont à jamais changé l'histoire de la peinture et celle de la région. Le peintre arrive dans ce village le 20 mai 1890, il a alors 37 ans. Il ignore que ce sera son dernier d'été. Le peintre sort d'une période d'instabilité mentale qui l'a poussé à se faire interner. Il vient chercher le calme et retrouver l'inspiration. Il s'installe à l'auberge Ravoux. Au dernier étage, sa chambre est une minuscule mansarde de sept mètres carrés.

Le peintre se lie d'amitié avec les propriétaires de l'auberge qui ont deux filles Adeline et Germaine. "Il était aimé. On l'appelait M. Vincent. Tous les soirs, il dessinait le marchand de sable pour Germaine Ravoux et il a peint la fille de l'aubergiste Adeline Ravoux", explique l'actuel propriétaire des lieux. Van Gogh sort tôt le matin pour peindre en extérieur sur le motif. Il pose son chevalet sur le dos de l'église d'Auvers-sur-Oise. C'est ici qu'il peindra cette église, l'un de ses tableaux les plus connus. Sur les bords de l'Oise, Van Gogh peindra près de 80 toiles en 70 jours. Jamais de toute sa vie de peintre, il n'a été aussi créatif. Il écrit même à son frère Théo "Réellement, c'est gravement beau !" 
Il se lie d'amitié avec le Docteur Gachet voyant en lui un ami, un frère et un double. Aujourd'hui la maison est accessible aux visiteurs, on peut même encore voir la table rouge où le docteur Gachet prit la pause pour le peintre.