Bon démarrage pour les enchères des trésors des Rois de France

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 30/09/2015 à 14H59
Une femme devant deux tableaux d'Henri Orléans aux enchères chez Sotheby's.

Une femme devant deux tableaux d'Henri Orléans aux enchères chez Sotheby's.

© Bertrand Guay / AFP

La vente aux enchères des trésors des Orléans, les descendants du roi de France Louis XIII, ont démarré mardi soir à Paris sur une note optimiste. Trois records mondiaux et plusieurs préemptions publiques, dont quatre pour le seul Château de Versailles, ont été enregistrées dès cette première soirée alors que la vente se poursuit mercredi chez Sotheby's.

Au total, 232 oeuvres et meubles d'exception sont mis sous le marteau entre mardi et mercredi, seule solution pour assurer un partage équitable entre les dix héritiers de cette collection. Selon des estimations prudentes avant la vente, la collection des Orléans, un ensemble unique et exceptionnel, pourrait atteindre 3 à 4 millions d'euros.

De premiers lots sont partis pour plus cher que l'estimation haute

Au premier soir de la vente, devant une salle bondée, 85% des lots ont été vendus au dessus de leur estimation haute, selon Sotheby's.

Un tableau de Carmontelle, "Les Gentilshommes du duc d'Orléans dans l'habit de Saint-Cloud " (estimé 250.000 à 350.000 euros) est parti à 531.000 euros, un record mondial pour cet artiste selon Sotheby's. Un service en porcelaine de Sèvres dit des Chasses Diverses, livré à la reine Marie-Amélie, l'épouse du roi Louis-Philippe qui régna de 1830 à 1848, (estimé 100.000 à 150.000 euros) s'est envolé à 495.000 euros.

Autre record mondial, une oeuvre de Nicolas-Bernard Lépicié, "Louis-Philippe Duc de Valois au berceau", vendue 231.000 euros (estimée 150.000 à 200.000 euros), a été préemptée par le château de Versailles. Outre le château de Versailles, des lots ont également été préemptés par Le Louvre, la Légion d'honneur et le château d'Eu.

Deux autres sessions ont lieu mercredi. Passeront notamment sous le marteau des décorations comme deux colliers de l'ordre du Saint-Esprit destinés respectivement au futur roi Louis-Philippe (estimé 200.000 à 300.000 euros) et au duc de Chartres (100.000 à 150.000).

Henri, comte de Paris, voulait deshériter ses enfants

Ces objets, conservés dans la famille depuis cinq siècles pour certains, avaient fait l'objet d'une donation intégrale par Henri, comte de Paris, en faveur d'une fondation. Le chef de la maison des Orléans souhaitait ainsi déshériter tous ses enfants, avec lesquels il a été en conflit jusqu'à son décès en 1999.

La justice française avait finalement décidé la restitution aux héritiers des "biens historiques du trésor des rois de France", leur spoliation manifeste par leur aïeul ayant été reconnue en dernière instance, au terme d'une longue bataille judiciaire.

Certains "trésors nationaux" ne quitteront pas la France

Trois lots de la succession, classés "trésors nationaux" avec interdiction de sortie du territoire français, n'ont pas été présentés à la vente: le manuscrit des comptes du château d'Amboise de 1495 et 1496, tenu par les intendants du roi Charles VIII, le portrait de Louise-Marie-Adelaïde de Bourbon Penthièvre, Duchesse d'Orléans, par Elisabeth Vigée-Lebrun, et celui de Louis XIII par Philippe de Champaigne.