Bicentenaire de la route Napoléon : 7 jours sur les traces de l'Empereur

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 27/02/2015 à 13H01
Statue de Napoléon sur la route Napoléon (Isère)

Statue de Napoléon sur la route Napoléon (Isère)

© ROLLINGER-ANA / ONLY FRANCE

Deux cents ans après, des cavaliers de la Garde impériale - des figurants fous de reconstitutions napoléonniennes - partiront dimanche des rives de Golfe-Juan, dans les Alpes-Maritimes, pour rallier en sept jours Grenoble (Isère), sur les pas de l'empereur Napoléon 1er revenant de son exil à l'île d'Elbe. La "Route Napoléon " sera jalonnée en 2015 de deux cents événements.

La "Route Napoléon" fut en 1932 la première route touristique créée en France, traversant deux régions et quatre départements, avec ses plaques historiques et statues marquant le passage de l'Empereur, un jour méditant sur un banc, un autre attablé à une auberge ou dormant dans un château. Pour le bicentenaire, elle se parcourt en randonnées thématiques, à pied, à cheval, à vélo, à moto, en 2CV, en cabriolet de collection...

Mais c'est sur un pur-sang que le commandant du 1er Régiment de lanciers polonais, effectuera la remontée par le chemin des Alpes, sur 330 kilomètres, avec neuf autres cavaliers, dont Napoléon, le 1er mars, pour le coup d'envoi des célébrations. "Les trois quarts du temps nous serons sur les chemins empruntés par Napoléon, un retour en arrière de deux siècles", se délecte Bernard Symzack, éleveur de chevaux dans la Nièvre, bientôt colonel Jerzmanowski armé d'une lance et coiffé d'une "czapka" polonaise. Il s'est aussi laissé pousser d'énormes rouflaquettes, qui vont s'épaissir d'ici les commémorations belges, en juin, de la bataille de Waterloo. 

Des chemins ancestraux foulés aussi par les Romains

Le 1er mars 1815, Napoléon, revenu sur le sol français pour reconquérir son trône après dix mois d'exil sur l'île d'Elbe, arriva par la mer sur la plage de pêcheurs de Golfe-Juan, avec un millier de fantassins et une centaine de cavaliers de ce régiment polonais... Après un bivouac à Cannes, le cortège partit pour une première étape de 57 kilomètres. Un parcours périlleux destiné à éviter la Provence royaliste. Seuls des purs-sangs arabes, très endurants, "peuvent tenir" sur ce trajet montagneux, souligne le commandant des cavaliers. "Nous avons privilégié non pas la quantité de cavaliers, mais la concision historique, en réalisant les vraies étapes aux vraies dates". Une façon de rendre hommage à "ces braves fantassins qui l'ont fait à pied et ont dû en baver sur ces petits chemins de muletiers escarpés et parfois enneigés". "Les lanciers étaient néanmoins très bien reçus par la population qui souvent les hébergeait. Rien de comparable avec la retraite de Russie, où les gens étaient agressés, avaient faim et froid!".
              
Le 3 mars, les lanciers polonais seront conviés à Barrême (Alpes-de-Haute-Provence) à un "souper de Napoléon et des grognards de l'Empire", menu servi en 1815. Une quarantaine de communes des Alpes-Maritimes, Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes et d'Isère ont multiplié les initiatives au sein de l'association Action nationale des élus pour la Route Napoléon. Expositions napoléoniennes, films, spectacles, conférences, visites guidées anecdotiques sur les pas de l'Aigle, randonnées, repas gastronomiques. Un parfum et une liqueur "Napoléon  2015" verront aussi le jour.

Sans oublier des reconstitutions historiques

Ainsi à Laffrey (Isère) avec des figurants de sept pays européens, le 7 mars, lieu de la première confrontation entre Napoléon et des soldats de Louis XVIII venus de Grenoble. "Soldats me reconnnaissez-vous? S'il en est un parmi vous qui veuille tuer son Empereur, me voici", lança Napoléon, accueilli par un grand cri de ralliement. "Là se décida le sort de l'entreprise la plus romanesque et la plus belle des temps modernes", jugea Stendhal, fervent admirateur.

Napoléon  fit son retour triomphal à Paris le 20 mars, rejoint en chemin par d'autres soldats nostalgiques: il reprit le pouvoir pour "Cent jours" jusqu'à son ultime défaite à Waterloo. "Une fois de plus, la France se donna à lui comme une belle fille à un lancier", écrivit Balzac.