Au Cambodge, la cité ancienne Sambor Prei Kuk sort de l'ombre d'Angkor

Par @Culturebox
Publié le 11/08/2017 à 09H59
Longtemps éclipsé par la cité d'Angkor, le site de Sambor Prei Kuk sort de l'ombre et commence à attirer des touristes venus du monde entier.

Longtemps éclipsé par la cité d'Angkor, le site de Sambor Prei Kuk sort de l'ombre et commence à attirer des touristes venus du monde entier.

© Nathalie Cuvelier / Robert Harding Premium / robertharding

Construite bien avant Angkor, la cité de Sambor Prei Kuk a survécu au temps, aux moussons, aux bombes américaines et aux pillages pour renaître au début du XXIe siècle. En juillet, le site qui signifie en khmer "le temps dans la forêt luxuriante" a été classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Niché dans la forêt tropicale, au bout d'une route cahoteuse, dans la province de Kampong Thom (centre), le site était resté jusqu'ici plus confidentiel qu'Angkor, la principale attraction touristique du pays. Mais les touristes commencent à affluer sur ce site, qui compte près de 300 temples de brique, sur une étendue de 25 km2.

Sambor Prei Kuk était la capitale du royaume de Chenla, qui connut son apogée au VIIème siècle, plusieurs siècles avant celle d'Angkor. L'histoire récente du site, mouvementée, a été fortement influencée par les drames du Cambodge moderne.    Le site avait été découvert par des explorateurs français à la fin du XIXème siècle, à l'époque où le Cambodge faisait partie de l'Indochine française. Il avait ensuite fallu attendre les années 1920 pour qu'une première cartographie des lieux soit établie. "Au début, ont été découverts 16 temples, puis le site a commencé à être nettoyé", explique Hang Than, responsable du site et archéologue.
Un tombeau découvert dans un des 300 temples de Sambor Prei Kuk.

Un tombeau découvert dans un des 300 temples de Sambor Prei Kuk.

© TANG CHHIN Sothy / AFP

Entre bombes et khmers rouges

Mais pendant la guerre du Vietnam voisin, dans les années 1970, des bombes américaines ont été lancées sur la zone, laissant des centaines de cratères. Puis après la chute du régime de Pol Pot (1975-79), la zone s'est retrouvée dans les années 1980 dans une poche occupée par des Khmers rouges refusant de rendre les armes.

Ce n'est qu'à la fin des années 1990 que les efforts ont pu reprendre. Avec l'aide de partenaires japonais, ont alors commencé plusieurs décennies de déblayage, avec coupes d'arbres et stabilisation des structures. Hang Than se félicite de "l'afflux de touristes étrangers et locaux" depuis le classement de son site à l'Unesco. Ici, les infrastructures touristiques sont basiques pour l'heure et arriver jusque là est difficile, sur une route pleine de nids de poule, malgré une proximité relative (200 kilomètres) avec la capitale Phnom Penh.
 

C'était très différent ici quand j'ai commencé à travailler. Je ne pense pas que sept guides suffiront désormais.

Lay Alex, guide touristique sur le site

Mais sur le parking poussiéreux, de plus en plus de bus de tourisme apparaissent déjà. "Nous avons été si surpris que ce site soit ajouté à la liste" de l'Unesco, se réjouit Mao Sambath, qui vend des fruits exotiques aux Chinois descendant des bus. "C'était très différent ici quand j'ai commencé à travailler. Je ne pense pas que sept guides suffiront désormais", explique Lay Alex, guide touristique depuis dix ans sur le site.
Le site dispose de 300 temples comme celui-ci, parfois en ruines ou recouverts de végétation.

Le site dispose de 300 temples comme celui-ci, parfois en ruines ou recouverts de végétation.

© LEROY Francis / hemis.fr / hemis.fr / Hemis