Asmara, Okinoshima et Taputapuatea inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco

Par @Culturebox
Mis à jour le 09/07/2017 à 19H07, publié le 09/07/2017 à 18H12
Asmara, cathédrale orthodoxe Enda Mariam.

Asmara, cathédrale orthodoxe Enda Mariam.

© LAFFORGUE Eric / hemis.fr / Hemis

Depuis début juillet, le Comité du patrimoine mondial de l'Unesco, réuni à Cracovie (Pologne), se prononce en particulier sur les propositions d'inscription sur sa liste de 33 sites. Les 8 et 9 juillet, Asmara en Erythrée, l''ïle japonaise d'Okinoshima et Tapu-tapu-atea en Polynésie française notamment ont été inscrits parmi les sites culturels les plus précieux de la planète.

Asmara : première inscription d'un site érythréen sur la liste du Patrimoine mondial. C'est une bonne nouvelle pour le pays de la Corne de l'Afrique dont l'image est mauvaise en Europe, qui voit débarquer sur ses rives un grand nombre de migrants érythréens fuyant la répression chez eux. La décision, annoncée à Cracovie, couronne surtout un long effort des autorités érythréennes pour faire reconnaître par la communauté internationale l'architecture unique de la ville. 

Asmara la ville moderniste d'Afrique

Marquée par la présence italienne depuis 1869, intégrée dans l'Afrique orientale italienne en 1936, l'Erythrée fut une colonie jusqu'en 1941, sous la dictature fasciste de Benito Mussolini, et l'architecture futuriste d'Asmara remonte en grande partie à cette époque-là. Les bâtiments modernistes d'Asmara ont survécu la longue guerre de libération contre l'Ethiopie et la ville a été déclarée en 2001 monument national par le gouvernement qui l'appelle "Cité de Rêve" de l'Afrique. Mais les efforts pour restaurer les façades de marbre et les piliers à la romaine des théâtres et des cinémas se sont heurtés au manque de fonds et de main d'oeuvre qualifiée, reconnaissent les autorités municipales.
Asmara, la Grand Mosquée Kulafa al Rashidin 

Asmara, la Grand Mosquée Kulafa al Rashidin 

© LAFFORGUE Eric / hemis.fr / Hemis
Le Comité du patrimoine mondial a inscrit auparavant le 8 juillet une autre "première" africaine en plaçant sur la même liste le centre de la ville angolaise de Mbanza Kongo, ancienne capitale du royaume du Kongo.

Okinoshima, lieu sacré interdit aux femmes

L'île d'Okinoshima, l'un des lieux les plus sacrés du Japon, représente une "valeur universelle exceptionnelle" pour l'humanité, même si elle est interdite aux femmes, a jugé le 9 juillet l'Unesco.
Le Comité du patrimoine mondial de l'agence onusienne a étendu même l'inscription à l'ensemble du complexe de temples Munakata Taisha, qui comprend plusieurs autres sites.
Sur l'île sacrée d'Okinoshima au Japon.

Sur l'île sacrée d'Okinoshima au Japon.

© Motoki Nakashima/AP/SIPA
L'île ne reçoit des visiteurs extérieurs qu'un jour par an, le 27 mai. Leur nombre est limité à 200 hommes qui doivent auparavant accomplir des ablutions dans la mer. Le reste du temps, un seul prêtre shintoïste y réside. Certains intervenants dans le débat à l'Unesco se sont interrogés sur l'interdiction d'Okinoshima aux femmes, qui pourrait constituer une discrimination, mais la directrice du Centre du patrimoine mondial Mechtild Rössler a répondu qu'un précédent existe, celui du mont Athos en Grèce, également interdit aux femmes.

Tapu-tapu-atea, "temple à ciel ouvert" de Polynésie française

Un "temple à ciel ouvert", le marae Tapu-tapu-atea, situé sur une île de la Polynésie française, a été également inscrit : "Tapu-tapu-atea" veut dire "sacrifices venus de loin". Il s'agit, selon la proposition présentée par la France, d'un "ensemble cérémoniel majeur", localisé sur l'île de Ra'i-atea. Cette dernière est connue pour être l'île sacrée de l'archipel des Iles de la Société.

Unus, bois stylises symbolisant des oiseaux, posés devant le "ahu",endroit le plus sacre du marae. Site archéologique de Taputapuatea.

Unus, bois stylises symbolisant des oiseaux, posés devant le "ahu",endroit le plus sacre du marae. Site archéologique de Taputapuatea.

© F.Buffetrille / Leemage / Leemage
Le 8 juillet, le Comité a admis également sur sa liste notamment la zone des temples de Sambor Prei Kuk, site archéologique de l'ancienne Ishanapura (Cambodge), la petite île chinoise de Kulangsu, à proximité de la ville de Xiamen, ancienne fenêtre de la Chine impériale sur l'étranger, et la ville historique indienne d'Ahmedabad et le 9 juillet la ville historique de Yazd en Iran.  

De nombreux sites européens inscrits

Ont aussi été inscrits le 9 juillet des sites européens : les fortifications vénitiennes construites entre le XVe et le XVII siècles sur des territoires aujourd'hui italiens, croates et monténégrins, Kujataa - un paysage agricole subarctique en bordure de la calotte glaciaire du Groenland-, des grottes en Allemagne, dans le Jura souabe, où l'on a trouvé des figurines sculptées vieilles de 43.000 à 33.000, remontant à la période glaciaire, une mine  de plomb, d'argent et de zinc de Tarnowskie Gory en Pologne, honorée grâce à son système de gestion des eaux souterraines, et enfin la cathédrale et le monastère de l'Assomption de l'île-village de Sviajsk, en Russie.