Archives nationales : le futur bâtiment en finition dans le "9-3"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 02/12/2011 à 20H34
Le futur site des Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine (02/12/2011)

Le futur site des Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine (02/12/2011)

© AFP / Pierre Verdy

La mémoire de la France siégera bientôt au coeur du "9-3". Un déménagement, et un signal fort, voulus par Jacques Chirac en 2004. Le nouveau bâtiment des Archives nationales, qui abritera les documents de l'Etat postérieurs à la Révolution, s'achève à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Ouverture au public début 2013.

L'ensemble, qui doit être livré au printemps prochain, a été conçu par l'architecte italien Massimiliano Fuksas. Le coeur du projet est un "monolithe", sobre et fonctionnel, haut de 38 mètres. Bâti sur d'anciennes friches agricoles, tout près d'un quartier pavillonnaire, il possède une façade recouverte d'une peau d'aluminium et de verre, découpée en losanges.

"C'est comme un grand coffre métallique précieux, à la fois lumineux et fermé, où seront abritées les archives", a expliqué vendredi, en français, Massimiliano Fuksas, lors d'une visite du chantier par le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand.

320 km de rayonnages
Le bâtiment contiendra 220 magasins d'archives répartis sur onze niveaux et recevra l'équivalent de quelque 320 kilomètres de rayonnages... Les abondantes archives de l'Etat postérieures à 1789 y bénéficieront de conditions de conservation optimisées. La salle de lecture, au rez-de-chaussée, disposera de 160 places.

Côté ville, un autre bâtiment, qui semble suspendu, est éclaté en plusieurs satellites reliés par des passerelles, qui abriteront les bureaux, l'administration, les espaces de conférence et l'accueil du public. "C'est la partie ouverte, le lien avec les personnes qui habitent à côté", a précisé l'architecte italien.

L'architecte italien Massimiliano Fuksas (2/12/2011)

L'architecte italien Massimiliano Fuksas (2/12/2011)

© Pierre Verdy / AFP

Les Archives en banlieue : un symbole fort
Le déménagement des archives à Pierrefitte-sur-Seine a été décidé en mars 2004 par Jacques Chirac, alors président de la République. Le projet de Massimiliano Fuksas a été sélectionné en 2005. Le groupe Bouygues a été chargé par la suite de le mettre à exécution. La première pierre a été posée en septembre 2009.

Le chantier n'ayant presque pas pris de retard, Nicolas Sarkozy devrait avoir le temps de l'inaugurer avant l'élection présidentielle. "En implantant le vaisseau amiral de ce nouveau dispositif des Archives nationales en Seine-Saint-Denis, c'est de fait le choix du Grand Paris qui a été fait, avec une qualité de desserte qui permet l'accès de publics différents, chercheurs, historiens, comme publics de proximité", a commenté de son côté Frédéric Mitterrand.

"C'est un symbole fort de reconquête de l'idée de la cohésion de toute cette mégalopole de douze millions d'habitants", a ajouté le ministre. Interrogé par l'AFP, le maire PS de Pierrefitte Michel Fourcade a souligné pour sa part que l'arrivée des Archives allait "donner une vie à ce quartier en friche". "Que les Archives quittent Paris pour Pierrefitte, montre que l'Etat fait confiance à la banlieue et que la banlieue est en capacité d'accueillir ces documents."

La Courneuve abrite déjà des archives diplomatiques
Les archives du ministère des Affaires étrangères sont déjà conservées à la Courneuve, également en Seine-Saint-Denis. "Aller à Pierrefitte, ce n'est pas abandonner" le site parisien du quadrilatère Rohan-Soubise, dans le Marais, qui conservera les archives antérieures à la Révolution, a assuré Frédéric Mitterrand. "C'est lui donner au contraire la chance d'une nouvelle naissance. C'est permettre à ce superbe ensemble patrimonial d'être restauré, repensé et ouvert au public."