A Rome, le Colisée retrouve sa splendeur après trois ans de travaux, grâce au mécénat

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 01/07/2016 à 17H57
Le Colisée à Rome

Le Colisée à Rome

© MANUEL COHEN / MCOHEN / AFP

Les célèbres arcades du Colisée de Rome ont retrouvé leur splendeur après trois ans de travaux financés essentiellement par un mécène, dans un schéma que le gouvernement espère reproduire pour remettre d'aplomb d'autres sites historiques en ruines.

Les travaux entamés il y a trois ans et financés en partie -- à hauteur de 25 millions d'euros selon la presse -- par les chaussures de luxe Tod's visaient à renforcer les arcades et à retirer des façades des siècles de poussière et des décennies de pollution automobile. Il a fallu pour cela mobiliser 70 personnes quasiment en permanence, et malgré les mois de retard cumulés au début du chantier, la restauration a finalement été bouclée dans les temps, avec une inauguration du bâtiment rénové vendredi.

L'amphithéâtre vieux de près de 2.000 ans, qui s'élève encore à plus de 40 mètres de hauteur, a nécessité un travail méticuleux, a expliqué à la presse Alex Amirfeiz, architecte et directeur de l'entreprise Aspera. "Chaque morceau est différent, donc il ne pouvait pas y avoir une répétitivité dans le travail.

Tous les jours, la surintendance venait vérifier point par point quel type de restauration et de consolidation avait été fait, quel type de nettoyage était nécessaire", a-t-il raconté. Le président de Tod's, Diego Della Valle, a dit la fierté de son groupe d'avoir participé au projet. "Considérons que ce matin est le point de départ de l'appel à nous tous à faire quelque chose pour le pays", a-t-il lancé. "Si la politique est quelque chose qui doit servir au pays, pour des entrepreneurs comme moi il y a beaucoup de façons de faire de la politique". 

"Il n'est plus temps de se plaindre qu'il n'y a pas d'argent pour la culture"

Le bouillonnant chef du gouvernement, Matteo Renzi, n'a pas manqué l'occasion de répéter son credo sur la remise en marche de l'Italie. "Nous devons arrêter de nous disputer sur l'héritage culturel de l'Italie parce que c'est non seulement ce dont nous pouvons être le plus fiers et une grande partie de notre identité, mais aussi un potentiel énorme", a-t-il déclaré dans le Colisée rénové.

"Il n'est plus temps de se plaindre qu'il n'y a pas d'argent pour la culture. Publiques et privées, les ressources existent", a-t-il insisté. Le mécénat, souvent du secteur du luxe, a déjà permis à d'autres perles du patrimoine romain de retrouver une nouvelle jeunesse, comme la fontaine de Trevi grâce à la maison de mode Fendi ou les marches de la Piazza di Spagna grâce au joailler Bulgari.

Mais la péninsule compte une foule de sites historiques en décrépitude par manque de fonds, au premier rang desquels l'inestimable Pompéi. En attendant, le gouvernement a promis 18 millions d'euros pour une nouvelle phase de rénovation du Colisée qui concernera les entrailles du plus grand amphithéâtre jamais construit sous l'Empire romain (188 mètres sur 156, pour une hauteur de 48,50 mètres).

Il prévoit aussi de reconstruire la scène afin qu'elle puisse accueillir à terme des concerts et des événements culturels, y compris des reconstitutions de spectacles dont les Romains de l'Antiquité étaient friands. Achevé en 80 après JC sous le règne de Titus, le Colisée est le monument le plus connu d'Italie et le plus visité, avec 6,5 millions de visiteurs en 2015, selon le ministère de la Culture.