7es Journées de l'Archéologie : plus de mille manifestations ce week-end

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 15/06/2016 à 16H18
Une chercheuse de l'Inrap étudie des squelettes mis au jour à Achenheim, dans le Bas-Rhin (7 juin 2016)

Une chercheuse de l'Inrap étudie des squelettes mis au jour à Achenheim, dans le Bas-Rhin (7 juin 2016)

© Philippe Lefranc / INRAP / AFP

Toute l'année, des archéologues recherchent, non loin de chez nous, des traces de notre passé commun, au cœur des villes comme à la campagne. Ce week-end, ils présentent leurs découvertes à l'occasion des Journées nationales de l'archéologie (JNA) qui attirent de plus en plus de curieux.

Pour cette 7e édition, 1.100 manifestations se déroulent dans plus de 580 lieux sur tout le territoire. "Au fil des ans, les JNA prennent une ampleur croissante", a déclaré cette semaine à l'AFP Dominique Garcia, président de l'Inrap (Institut National de recherches archéologiques préventives) chargé par le ministère de la Culture d'organiser l'événement.

En progression constante depuis leur création il y a sept ans, les Journées nationales de l'Archéologie avaient attiré plus de 130.000 personnes l'an dernier. "En France, il y a du patrimoine quasiment partout. De ce fait, il n'y a pas de +zones blanches+ archéologiques", relève Dominique Garcia. "Dans chaque ville, voire près de chaque village, il y a des choses à voir", souligne encore ce professeur d'archéologie à l'Université d'Aix-Marseille.

Teaser des JNA 2016

Plus de quarante chantiers de fouille sont ouverts au public. "Au début, les visiteurs viennent voir l'archéologue au travail mais très vite, ils s'intéressent à l'histoire du site. C'est un moyen pour eux de s'approprier l'endroit dans lequel ils vivent", estime-t-il. "Cela leur donne des repères".

La cabane de Peau d'âne fait aussi l'objet de fouilles

L'archéologie peut aussi être contemporaine. Quarante-six ans après la sortie du film "Peau d'âne" de Jacques Demy, des archéologues fouillent très sérieusement la cabane dans laquelle Catherine Deneuve confectionnait son gâteau en chantant. Elle se trouve dans le parc du château de Neuville, dans les Yvelines.

Cette discipline possède aussi des vertus éducatives. À Bondy, en Seine-Saint-Denis, des élèves de cinquième doivent présenter le résultat de leurs fouilles menées près de l'église avec un archéologue de l'Inrap. À l'automne dernier, les enfants ont passé une journée sur ce site où ont été mises au jour des sépultures mérovingiennes.

En dégageant la terre, ils ont trouvé des morceaux de céramique, des ossements humains et animaux. "Le côté physique et manuel de l'archéologie permet de canaliser l'énergie des plus agités", relève l'archéologue qui a accompagné le projet, Cyrille Le Forestier.

Neuf "villages de l'archéologie", 30 opérations "portes ouvertes"

Lors des JNA, neuf "villages de l'archéologie" proposent des démonstrations, des rencontres et des projections à Besançon, Bonifacio, Bordeaux, Hostens (Gironde), Lorient, Lyon, Marseille, Nice et Rézé (Loire-Atlantique).

Une trentaine d'opérations "portes ouvertes" se tiennent dans les centres de recherche, qui ont pour mission d'étudier et de conserver les objets mis au jour lors de fouilles.

Les musées apportent leur contribution

Les musées possédant des collections archéologiques ne sont pas en reste. Le Louvre met en avant l'oeuvre de Champollion, le premier déchiffreur des hiéroglyphes. Avec l'Inrap, il organise aussi une conférence sur le métier d'archéologue, à la recherche du trésor véritable : "la connaissance".

"L'archéologie ne doit être réservée à une élite. Elle doit entrer dans le quotidien des gens", estime Cyrille Le Forestier. "Il y a beaucoup de choses à faire par exemple avec les populations locales, les commerçants." L'Inrap, qui compte 2.000 collaborateurs et chercheurs, réalise chaque année environ 1.800 diagnostics archéologiques et 250 fouilles en partenariat avec les aménageurs publics et privés.