2 jours pour admirer le diamant de Marie de Médicis chez Sotheby's Paris

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/04/2012 à 16H48
Le diamant de Marie de Médicis

Le diamant de Marie de Médicis

© Sotheby's

Le Beau Sancy, un diamant de 34,98 carats, a orné la couronne de Marie de Médicis lors de son sacre aux côtés d’Henri IV en 1610. Ce joyau chargé d’histoire, "une folie" selon le roi Henri, va faire le tour du monde avant d’être mis aux enchères le 15 mai 2012 à Genève. Il est exposé à Paris chez Sotheby's seulement 2 jours, les 24 et 25 avril.

Pesant 34,98 carats, le diamant, taillé en forme de poire et "double rose", est estimé entre 1,5 million à trois millions d'euros. Une évaluation "réaliste" au regard de l'importance historique du diamant, estime David Bennett, président du département de haute joaillerie de Sotheby's en Europe et au Moyen-Orient, interrogé par l'AFP.

Marie de Médicis, une passionnée de pierres précieuses

Ce célèbre joyau a appartenu à la Couronne de France avant d’être transmis à la Maison d’Orange ainsi qu’aux familles royales d’Angleterre et de Prusse.

Acheté par Nicolas de Harlay, Seigneur de Sancy (1546-1629) à Constantinople au cours de la seconde moitié du XVIème siècle, le Beau Sancy provient très certainement des mines situées autour de la cité de Golconde, au centre de l’Inde dont sont issus les diamants les plus célèbres de l’histoire. En 1604, de Sancy vend le diamant pour 75 000 livres (25 000 écus) à Henri IV qui l’offre à son épouse, Marie de Médicis.

Le diamant "Le Beau Sancy" de Marie de Médicis. Avril 2012 chez Sotheby's

Le diamant "Le Beau Sancy" de Marie de Médicis. Avril 2012 chez Sotheby's

© F.Guillot. AFP
Passionnée de pierres précieuses, la reine a longtemps convoité le joyau mais Henri IV s’est jusqu’alors refusé à une telle dépense. Il finit par se plier à la volonté de son épouse quand celle-ci apprend que de Sancy a vendu un autre de ses diamants, au roi d’Angleterre, Jacques Stuart (aujourd’hui connu comme le « Sancy » et conservé au Louvre).

L’inventaire des joyaux de la reine révèle que le Beau Sancy était le plus gros diamant de sa collection. Il a naturellement orné la couronne de Marie de Médicis lors de son sacre, le 13 mai 1610.

Envie d'aller plus loin ? Témoin de 400 d'histoire le Beau Sancy a appartenu à quatre familles royales !
Après l’assassinat d’Henri IV par Ravaillac, Marie de Médicis s’exile aux Pays-Bas. Criblée de dettes, elle se sépare de ses biens et le Beau Sancy est vendu au Prince Frédéric-Henri d’Orange-Nassau (1584-1647) pour 80 000 florins en 1641.

Marie de médicis et le dauphin Louis par Charles Martin

Marie de médicis et le dauphin Louis par Charles Martin

© Château de Blois

La même année, soucieux de renforcer ses alliances avec les grandes puissances européenes, le Prince Frédéric-Henri utilise le Beau Sancy pour sceller le mariage de son fils Guillaume (1626-1650), futur Guillaume II d’Orange-Nassau, avec Marie Stuart (1631-1660), fille de Charles I d’Angleterre et de Henriette-Marie de France et, par conséquent, petite-fille de Marie de Médicis.

A la mort de son époux, Marie Stuart embarque pour l’Angleterre avec ses bijoux, dans le but de soutenir le combat de son frère Charles II pour le trône d’Angleterre. En 1662, le Beau Sancy est mis en gage pour payer les dettes de cette dernière et ne réintégre le trésor de la Maison d’Orange-Nassau qu’en 1677, à l’occasion du mariage de Guillaume III d’Orange-Nassau (1650-1702) avec Marie II Stuart, fille du roi d’Angleterre Jacques II. En 1689, le couple est appelé à monter sur le trône d’Angleterre et le diamant entre ainsi dans la collection de la reine d’Angleterre.

A la mort des monarques et en l’absence d’héritiers, le Beau Sancy rejoint la Maison d’Orange-Nassau. En 1702, suite à la résolution d’un long différend entre les héritiers de la Maison d’Orange, Frédéric I, tout juste couronné premier roi de Prusse, accepte de renoncer à l’ensemble des bijoux de l’héritage pour obtenir le Beau Sancy. Conscient de la valeur ymbolique et du prestige du diamant, il en fait l’ornement principal de la nouvelle couronne de Prusse et l’associe au premier ordre du royaume: l’Ordre de l’Aigle Noir.

Répertorié comme la plus grande pierre précieuse de la Maison royale de Prusse, le Beau Sancy fut, ensuite, transmis de génération en génération jusqu’à aujourd’hui, porté lors d’importants événements royaux, notamment par les mariées de la famille. Après l’exil aux Pays-Bas du dernier Empereur d’Allemagne et roi de Prusse en novembre 1918, les joyaux de la couronne ont été conservés au Palais du Kaiser à Berlin. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils ont été dissimulés derrière un mur de brique dans une crypte à Bückeburg, avant d’être retrouvés par les troupes britanniques et rendus à la Maison de Prusse.

Après la guerre, le fils ainé du Kaiser, le Kronprinz Guillaume (1882-1951) puis le fils de ce dernier, le Prince Louis-Ferdinand (1907-1994) héritèrent du Beau Sancy. A la mort du Prince Louis-Ferdinand, le diamant a été transmis dans le cadre de la succession de la Maison de Prusse à son petit-fils, Georges-Frédéric, né en 1976 et aujourd’hui à la tête de la Maison royale de Prusse.

Au cours des cinquante dernières années, le Beau Sancy n’a été exposé que quatre fois en public.

Expositions publiques les 24 et 25 avril chez Sothebys Paris. Galerie Charpentier. 76 rue du Faubourg Saint-Honoré. 75008 Paris 75008.

Puis exposition à Londres (27-30 avril 2012), Zurich (2-3 mai 2012) et Genève (11-15 mai 2012).