"PARADIS : Amour" : l'enfer à Cannes

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 15/05/2012 à 14H01
Film projeté en Compétition officielle.

Film projeté en Compétition officielle.

© DR

D'Ulrich Seidl (Autriche), avec : Maria Hofstätter, Margarete Tiesel, Inge Maux, Peter Kazungu - 2h00 - Sortie : non datée

Synopsis : Trois femmes autrichiennes en quête d'épanouissement : la première part au Kenya pour y effectuer du tourisme sexuel, la seconde n'a que Dieu comme seul amour, la troisième souffre de surpoids et perd sa virginité dans un centre de thalassothérapie.

"PARADIS : amour" : extrait

La haine
Chaque année, il y a des films qui attisent la haine. Pas chez tous les festivaliers, bien sûr, il n’y a pas plus subjectif que le regard critique. Mais parfois la haine est dure. Celle qui se retourne contre un film dont on se demande ce qu’il fait dans une sélection aussi prestigieuse, pour lequel 4500 journalistes internationaux se déplacent, prennent le temps de voir, et d’écrire dessus. « Paradis : amour » est l’un d’eux.

Le réalisateur autrichien Ulrich Seidl avait suscité la polémique en 2007 avec « Import export », déjà sur le sexe, mais intéressant dans son sujet sur l’exploitation sexuelle des candidates des pays de l’Est à l’immigration. Documentariste de formation, son film avait une matière naturaliste totalement en phase avec son sujet, jusqu’à déranger. Déranger est une des fonctions majeures du cinéma. Ne serait-ce qu’en cela, il était méritoire en posant de vrais questions.

Strip-tease
Avec « Paradis : amour », il frise le scandale, non par le sujet ou ses images, mais la forme. Passées les dix premières minutes réussies, on plonge dans un avatar de l’émission belge « Strip-tease » sur une Viennoise obèse pratiquant le tourisme sexuel au Kenya. Sans scénario durant le tournage, donc improvisé au filmage, le film n’en est pas moins ponctué de plan très cadrés, voire esthétisants, avec la répétition de scènes à l’infini, qui font passer les deux heures de sa durée comme un calvaire.

Il résulte de ce faux documentaire qui se réclame de la fiction une arnaque revendiquée qui se moque du spectateur, avec à la clé l’enfoncement d’une kyrielle de portes ouvertes sur les rapports entre l’Occident et l’Afrique et le néocolonialisme, la sexualité noire et les femmes couguars. Inepte.