VIDEO : La sobriété d'une Carmen universelle aux Chorégies d'Orange

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 06/07/2015 à 16H48

Les Chorégies d’Orange, le plus vieux festival de France, s’ouvriront demain avec à l’affiche les 8, 11 et 14 juillet Carmen de Georges Bizet. Scandaleuse en son temps, Carmen se fait universelle sous la baguette de Mikko Franck et dans la mise en scène de Louis Désiré.

Reportage : M-H. Bonnot / T. Breton / E.Rassat / H. Henriol


La popularité de Carmen au secours des Chorégies

Alors qu’au lendemain de la première de Carmen en 1875, les critiques parisiens condamnaient l’immoralité et le dévergondage dépeint dans cette œuvre qualifiée d’« égout social », Carmen est aujourd’hui l’opéra français le plus joué dans le monde. Sa popularité permet cette année de remplir les places du théâtre antique d’Orange pour la 146ème édition des Chorégies. Il ne s’agit pas là d’une mince affaire, puisqu’il peut accueillir jusqu’à 8300 spectateurs.

Les organisateurs du festival ont donc misé sur un opéra très populaire et de grands chanteurs tels que Kate Aldrich et Jonas Kaufmann ; pari réussi, puisqu’à la mi-juin 85% des billets avaient déjà été écoulés. Un succès qui vient renflouer les caisses des Chorégies d’Orange, dont les finances avaient été fragilisées en 2013 par l’annulation d’un récital de  Roberto Alagna pour lequel 6000 tickets avaient déjà été vendus.
 

Le choix d’une Carmen universelle

En charge de la mise en scène, des costumes et du décor, Louis Désiré explique dans une interview à "leprojecteur.com WEB TV" qu'il a dédié ses efforts à donner un caractère universel au personnage de Carmen de sorte que les spectateurs puissent plus facilement s’y identifier. De ce fait, il ne force pas les traits provocateurs ou lascifs de la cigarière mais essaye au contraire de souligner avant tout sa liberté, de manière à représenter toutes les femmes modernes.

Les costumes sont quant à eux débarrassés de tous froufrous ou fanfreluches folkloriques qui renvoient à l’Espagne et au monde gitan, et qui confèrent ainsi au récit une dimension particulière dont le metteur en scène souhaite s’affranchir. De même, le décor composé de gigantesques cartes –qui renvoient au jeu de cartes du troisième acte - se veut abstrait plutôt que figuratif. La représentation toute en sobriété d’une Carmen universelle met en exergue sa modernité et la rend plus actuelle que jamais.