Victoires classiques 2012 : le palmarès

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 21/02/2012 à 02H16
Alexandre Tharaud, soliste instrumental de l'année (20/02/2012)

Alexandre Tharaud, soliste instrumental de l'année (20/02/2012)

© Annie Yanbékian

Deux valeurs sûres du piano français -Alexandre Tharaud, Bertrand Chamayou- ont remporté un trophée lundi soir lors des 19es Victoires classiques, décernées à Paris. Le palmarès comprend aussi les beaux sacres du baryton Stéphane Degout (artiste lyrique de l'année) et du jeune joueur de tuba Thomas Leleu (révélation instrumentale), une première pour cet instrument aux Victoires.

Le pianiste Alexandre Tharaud a été récompensé pour une année dense en matière d'enregistrements discographiques, le plus remarqué ayant été celui consacré aux sonates de Scarlatti, sorti début 2011 chez Virgin Classics. On le connaît si bien qu'on pensait qu'il collectionnait les Victoires. Erreur ! Il a reçu de nombreuses distinctions ces dernières années, mais pas de trace de statuette octroyée sur France Télévisions ! Il ne boudait donc pas son plaisir, lundi soir, à l'issue de la cérémonie au Palais des Congrès.

Quant à Bertrand Chamayou, à bientôt 32 ans, il est devenu l'un des artistes les plus primés aux Victoires classiques. Elu révélation soliste instrumental en 2006, puis soliste instrumental tout court en 2011, il s'offre une sorte de Grand Chelem en raflant cette fois la Victoire de l'enregistrement de l'année pour son album des "Années de pèlerinage" de Franz Liszt, sur le label Naïve.

Bertrand Chamayou (20/02/2012)

Bertrand Chamayou (20/02/2012)

© Annie Yanbékian
La soirée a été marquée par de nombreux moments de grâce, comme ce bref passage de la soprano américaine Renée Fleming, le temps d'interpréter délicatement un "tube" de Puccini ("O mio babbino caro") et d'aligner des mots pleins d'élégance en français en recevant sa Victoire d'honneur au début de la soirée. Autre chanteuse très remarquée, la Russe Julia Lezhevna, 22 ans, visage poupin et radieux, et dont le chant tout en nuance et maestria a enchanté, le temps d'un air de Rossini, le public du Palais des Congrès. Ovation également pour la contralto française Nathalie Stutzmann et pour l'ensemble baroque Orfeo 55 (qu'elle a créé et qu'elle dirige), dans une oeuvre de Vivaldi.

L'édition 2013 à Bordeaux
La cérémonie des Victoires a bénéficié d'une scénographie sophistiquée et colorée, faite de spots lumineux et d'écrans vidéo. Présentée par Louis Laforge (pour la première fois) et Frédéric Lodéon, elle était retransmise en direct sur France 3 et France Musique. Après cette escale parisienne, les Victoires reprendront leur tour de France en région ! Les 20es Victoires de la musique classique auront lieu le 25 février 2013 à Bordeaux. En attendant, l'édition 2012 peut être visionnée sur Pluzz durant une semaine.
Stéphane Degout (20/02/2012)

Stéphane Degout (20/02/2012)

© Annie Yanbékian
Le palmarès complet
Artiste lyrique : Stéphane Degout (baryton)

Soliste instrumental : Alexandre Tharaud (piano)

Compositeur : Philippe Manoury, pour la création à l'Opéra national du Rhin de l'opéra "La Nuit de Gutenberg" en septembre 2011

Enregistrement : Franz Liszt, "Les Années de Pèlerinage", par le pianiste Bertrand Chamayou (Naïve)

Révélation artiste lyrique : Julie Fuchs (soprano)

Révélation soliste instrumental :  Thomas Leleu (tuba)

Victoire d'honneur : Renée Fleming (soprano)

La joie de Thomas Leleu

Instantanés de cérémonie
Quelques phrases solennelles, touchantes ou drôles, prononcées lors des Victoires.
- Renée Fleming, recevant sa Victoire d’honneur : «Mes liens avec la France et avec l’Opéra de Paris ont toujours été profonds. Paris est ma deuxième maison, et j’ai le sentiment que la France est aussi ma deuxième maison artistique.»

- Frédéric Lodéon, parlant de la fabrication des violons d’autrefois : «Les cordes, ce sont des boyaux. Pour les âmes sensibles, ce ne sont pas des boyaux de chat, mais ce sont des boyaux de mouton, donc ça fait un peu moins mal quand même !» Louis Laforge : «Bah, ça dépend qui on est ! Si on est le mouton…»

- Natalie Dessay, se souvenant de ce qu'elle ressentait lors de ses premières participations aux Victoires, s'exclame : «On se réjouit que ce soit la fête de la musique classique, notre fête, pour une fois, à la télé !»
- Julie Fuchs, révélation lyrique, recevant sa Victoire des mains de la célèbre soprano : «C'est en visionnant les DVD de Natalie Dessay que je me suis dit : "Finalement, l'opéra, ça peut être cool !"»

- Louis Laforge, réagissant à la présentation de l'intrigue de l'opéra «Tannhaüser» par Frédéric Lodéon : «C'est un peu Les Feux de l'amour à l'ancienne.»

- Bertrand Chamayou, récompensé par la troisième Victoire de sa jeune carrière : «Je trouve ça assez invraisemblable, et comme je ne pensais pas l'avoir, j'ai encore un alibi pour n'avoir rien préparé.»

- Stéphane Degout, artiste lyrique de l'année, venu chercher son trophée aux côtés de Louis Laforge : « J’ai l’impression de présenter Des racines et des ailes ce soir...»


La play-list des Victoires 2012

- Générique de début : l'incontournable «Boléro» (1928) de Maurice Ravel (1875-1937), par l'Orchestre national d'Ile-de-France (ONDIF) dirigé par Yoel Levi ; la formation a accompagné plusieurs oeuvres de la soirée, tantôt dirigée par l'Américain Yoel Levi, tantôt par l'Espagnol Enrique Mazzola qui en prendra les rênes en septembre 2012

- Lise de la Salle, Jean-Frédéric Neuberger, David Kadouch, Romain Descharmes (pianistes français) : Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), ouverture de l’opéra «Les Noces de Figaro» (1786) dans un arrangement pour quatre pianos de Jean-Frédéric Neuburger

- Renée Fleming (soprano américaine ) : Giacomo Puccini (1858-1924), «O mio babbino caro», extrait de l'opéra «Gianni Schicchi» (1918), l'une des parties du Triptyque de Puccini

- Nemanja Radulovic (violon), nommé dans la catégorie soliste instrumental, avec les musicens de l'ensemble Double Sens : Antonio Vivaldi (1678-1741), «Les Quatre saisons», «L'orage», extrait de «L'été»

- Julien Dran (ténor), Julie Fuchs (soprano), Julien Véronèse (baryton-basse), les trois nommés dans la catégorie révélation lyrique : Gaetano Donizetti (1797-1848), extrait de l'opéra «La Fille du régiment» (1840), air «Tous les trois réunis, quel plaisir mes amis!»

- Alison Balsom (trompettiste anglaise), avec l'ONDIF : Joseph Haydn (1732-1809), final du Concerto pour trompette en mi bémol majeur

- Le Concert d’Astrée, orchestre baroque dirigé par Emmanuelle Haïm (il fête ses dix ans), a interprêté deux pièces de Georg Friedrich Haendel (1685-1759) :
extrait de l'opéra «Rinaldo» (1711), aria «Venti Turbini» avec le contre-ténor Philippe Jaroussky
extrait de l'opéra «Jules César en Egypte» (1723), aria de Cléopâtre «Piangerò la sorte mia» avec la soprano Natalie Dessay

- Pascal Contet (accordéon), nommé dans la catégorie soliste instrumental : pot-pourri de différentes oeuvres (Bach, Vivaldi, Liszt, Ravel...)

- Alexandre Tharaud (piano), avec l'ONDIF : Jean Sébastien Bach (1685-1750), Adagio du Concerto BWV 974 en ré mineur

- Julie Fuchs (soprano), Julien Véronèse (baryton-basse, nommés en catégorie révélation lyrique), Marylin Revel (mezzo-soprano), Patrick Garayt (ténor), et le Choeur Vittoria d'Ile-de-France (direction Michel Piquemal) : Mozart (1756-1791), «Gloria», extrait de la «Messe du couronnement» (1779)

- Pauline Haas (harpe), nommée dans la catégorie révélation artiste instrumental : Manuel de Falla (1876-1946), «La Vida breve», danse espagnole n°1

- Antoine Tamestit (alto), nommé dans la catégorie soliste instrumental, et Shani Diluka (piano) : Franz Schubert (1797-1828), transcription du lied D827 «Nacht und Träume» (nuit et rêve)

- Stéphane Degout (baryton), artiste lyrique de l'année : Richard Wagner (1813-1883), extrait de l'opéra «Tannhäuser» (1845), air de Wolfram, «O du mein holder Abendstern»

- Adam Laloum (piano), nommé révélation instrumentale : Robert Schumann (1810-1856), «Rêverie», extrait de «Scènes d'enfant» opus 15 (1838)

- Maîtrise de Radio France (direction Sofi Jeannin), avec Iris Torossian (harpe) pour le second morceau : Francis Poulenc (1855-1917), «Le chien perdu» ; Benjamin Britten (1913-1976), extrait de «A Ceremony of Carols» op.48, «The little babe»

- Thomas Leleu (tuba), révélation artiste instrumental : Jean-Philippe Vanbeselaere (compositeur nordiste), «Convergences» (1er mouvement, un extrait de sa prestation ci-dessous)

- Nathalie Manfrino (soprano), Laurent Korcia (violon) : Jules Massenet (1842-1912) : le méconnu «Ave Maria» de la célèbre «Méditation de Thaïs»

- Quatuor Modigliani : Felix Mendelssohn (1809-1847), Quatuor à cordes opus 80 (1847), 2e mouvement

- Julia Lezhneva (soprano russe) : Gioachino Rossini (1792-1868) : «Fra il padre», extrait de l’opéra «La donna del lago» (1819)

- Xavier Phillips (violoncelle) & Jean-Marc Phillips-Varjabédian (violon) : Thierry Escaich (né en 1965, Victoire du compositeur 2011) : extrait de «Miroir d’ombres», double concerto pour violon, violoncelle et orchestre

- Jean-François Zygel («La leçon de musique») et Antoine Hervé («La leçon de jazz»), pianistes pédagogues : improvisation à partir du thème de la Symphonie n°40 de Mozart

- Bertrand Chamayou (piano), artiste instrumental de l'année : Franz Liszt (1811-1886), extrait des «Années de pèlerinage», «Au bord d'une source» (première année, en Suisse)

- Nathalie Stutzmann (contralto) à la tête de l'ensemble baroque Orfeo 55 : Antonio Vivaldi (1678-1741), «L'Olimpiade», l'air du prince

- Final de la cérémonie : Georges Bizet (1838-1875), «L'Arlésienne» (1872), la Farandole