Une cantate de Mozart et Salieri jouée à Prague après plus de 200 ans

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 16/02/2016 à 14H55
Lukas Vendl le 16 février jouant la cantate de Mozart et Salieri

Lukas Vendl le 16 février jouant la cantate de Mozart et Salieri

© Michal Cizek / AFP

Longtemps considérée comme perdue, et récemment découverte dans les collections du Musée de la musique à Prague, une cantate signée en commun par le compositeur autrichien Wolfgang Amadeus Mozart et le musicien italien Antonio Salieri a retenti mardi à Prague après plus de deux siècles.

Cette œuvre datant de 1785 "constitue une clé pour une nouvelle compréhension de la relation entre Mozart et Salieri", a indiqué le musicologue et compositeur allemand Timo Jouko Herrmann, à qui revient le mérite de la découverte.
 
Les deux compositeurs étaient des "collègues qui travaillaient ensemble", a insisté M. Herrmann, alors qu'une funeste légende attribue à Salieri la responsabilité de la mort de "l'aimé de Dieu". La cantate "Per la ricuperata salute di Offelia" a été écrite en commun par Mozart, Salieri et un certain Cornetti, sur les paroles du librettiste Lorenzo Da Ponte, pour saluer le rétablissement de la soprano anglaise Nancy Storace (1765-1817).
 
La composition, d'une durée d'environ quatre minutes, a été exécutée mardi par le claveciniste Lukas Vendl, lors de la présentation officielle de l'œuvre, qui sera prochainement exposée au public. La partition se trouvait au Musée de la musique à Prague depuis les années 1950, mais n'avait pu être correctement identifiée. Elle l'est maintenant, grâce à de nouvelles technologies, et les noms cryptés des auteurs ont été déchiffrés.
La cantate de Mozart et Salieri

La cantate de Mozart et Salieri

© Michal Cizek / AFP


La mort de Mozart orchestrée ? 

"C'est Timo Jouko Herrmann qui a déterminé le caractère unique de cette œuvre", a indiqué le musée dans un communiqué. L'un des plus grands génies musicaux de tous les temps, Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), a séjourné à plusieurs reprises à Prague, les pays tchèques faisant à l'époque partie de l'empire autrichien.
 
Une rumeur, rejetée par les spécialistes, selon laquelle Salieri (1750-1825) aurait orchestré la mort de Mozart dont il jalousait le génie, est due à la nouvelle "Mozart et Salieri" du poète et romancier russe Alexandre Pouchkine (1799-1837). Elle a été reprise d'abord par le dramaturge anglais Peter Shaffer pour sa pièce "Amadeus", puis par le réalisateur américain d'origine tchèque Milos Forman, pour son célèbre film portant le même titre.